Gisele Halimi

  • En 1978 le procès pour viol d'Aix-en-Provence a mobilisé l'opinion publique: deux jeunes filles, Anne et Araceli, ont été violées à plusieurs reprises par trois hommes. Gisèle Halimi plaide, au nom du collectif juridique Choisir la cause des femmes. Les victimes restent jusqu'au bout des suspectes et la défense se construit sur l'hypothèse du consentement des victimes. Gisèle Halimi permet, pour la première fois de faire un point lucide sur ce crime qui demeure aujourd'hui encore un tabou.

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    « Ma mère ne m'aimait pas. Ne m'avait jamais aimée, me disais-je certains jours. Elle, dont je guettais le sourire - rare - et toujours adressé aux autres, la lumière noire de ses yeux de Juive espagnole, elle dont j'admirais le maintien altier, la beauté immortalisée dans une photo accrochée au mur où dans des habits de bédouine, ses cheveux sombres glissant jusqu'aux reins, d'immenses anneaux aux oreilles, une jarre de terre accrochée au dos tenue par une cordelette sur la tête, elle, ma mère dont je frôlais les mains, le visage pour qu'elle me touche, m'embrasse enfin, elle, ma mère, ne m'aimait pas. » G.H.

  • Gisèle Halimi  : Soixante-dix ans de combats, d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd'hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l'injustice demeure, qu'elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait  un destin. Sans se poser en modèle, l'avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l'égalité à l'heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.
    Depuis l'enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de «  fille  ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l'Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s'engage en faveur de l'avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association «  Choisir  la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse... Gisèle Halimi vibre d'une énergie passionnée, d'une volonté d'exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.
    «  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque  »  : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette «  avocate irrespectueuse  », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l'égalité.

  • « À Stockholm et à Roskilde le Tribunal Russell, après avoir pris connaissance des rapports de ses commissions d'enquête et entendu de nombreux témoins, a déclaré les États-Unis coupables de crimes de guerre et de génocide. Personne n'a pu contester valablement ses conclusions. Mais les négociations entreprises par le président Johnson sous la pression de ses électeurs et la farce nixonienne du « désengagement » ont pu démobiliser un moment certains secteurs de l'opinion aux États-Unis et en Europe même, en faisant croire à quelques-uns que le gouvernement américain souhaitait la paix. Aujourd'hui, avec l'invasion du Cambodge, la réalité de cette guerre est démasquée : sous le faux alibi du « retrait progressif des G.I.'s » et de la « vietnamisation », la véritable politique de Nixon apparaît : il veut la continuation et l'intensification de cette guerre ignoble et prétend, pour la gagner, l'étendre à la péninsule indochinoise tout entière. Tout lui est bon pour abattre un ennemi qui le tient en échec : les bombardements par les B 52 ne cessent de croître au Vietnam du Sud et au Cambodge même les derniers rapports montrent l'escalade sournoise de la guerre chimique, les massacres de populations civiles sont érigés en système, le gouvernement de Lon Nol soutenu par l'armée américaine s'est livré à un véritable génocide des Vietnamiens établis au Cambodge. Le but de ce livre est de rassembler toutes les informations qui seront susceptibles de montrer sous son vrai visage l'entreprise criminelle du gouvernement et des forces armées des États-Unis. Le Vietnam vaincra mais les peuples l'aideront à vaincre en prenant conscience des dangers qui le menacent et qui nous menacent tous à travers lui. Il se bat aussi pour nous, ne l'oublions pas. » Jean-Paul Sartre

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