Irène Frain

  • PRIX INTERALLIE 2020

    « Les faits. Le peu qu'on en a su pendant des mois. Ce qu'on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l'unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d'été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d'organiser des barbecues dans leur jardin.
    L'agresseur, a-t-on assuré, s'est introduit dans la maison de l'impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l'a toujours pas rendu. »
    Face à l'opacité de ce fait divers qui l'a touchée de près - peut-être l'oeuvre d'un serial killer -, Irène Frain a reconstitué l'envers d'une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l'intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes.

  • Comment en suis-je venue à écrire ? Je revois ma mère. Je l'entends. Elle avait un don inouï pour les histoires. Courtes ou longues, vraies ou fausses.
    C'était sa façon de conjurer la souffrance, la vie difficile. Elle m'a ainsi ouvert ces portes invisibles qui transfigurent le monde et font jaillir l'espoir.
    Dès ma naissance, pourtant, elle m'avait rejetée. Les circonstances. Et un secret qui faillit me détruire.
    Pour m'en sortir, je suis devenue sa plus fervente écouteuse. Si bien qu'un jour, dans ses histoires, j'ai voulu " mettre mon grain de sel ", comme elle disait. Elle a refusé. M'a interdite d'histoires.
    Je me suis rebellée. Je me suis inventé des mères de papier, des mondes rien qu'à moi.
    /> Voici le récit de cette guerre qui m'a sauvée. Un combat pour gagner son amour.
    I. F.
    Irène Frain est écrivain. Parmi ses ouvrages les plus connus : Le Nabab (Lattès, 1982), Secret de famille (Lattès, 1989), Devi (Fayard-Lattès, 1993), La Maison de la Source (Fayard, 2000), Les Naufragés de l'île Tromelin (Michel Lafon, 2009). Le Seuil a publié d'elle : Sorti de rien (2013) et Marie Curie prend un amant (2015).

  • Le 4 novembre 1911, un journal à grand tirage annonce une nouvelle extravagante : Marie Curie a un amant. La presse et l'opinion s'enflamment. Procès, duels, publication de lettres volées, l'ouragan médiatique est énorme. Marie manque d'y laisser la vie. C'est vrai, elle a une liaison. Veuve depuis cinq ans de Pierre Curie - le chercheur avec qui elle avait découvert le radium et reçu son premier prix Nobel -, elle s'est éprise d'un homme marié, Paul Langevin, ami d'Einstein, et lui aussi savant d'exception. Mais surtout elle dérange. Icône de la science mondiale, elle s'apprête à recevoir un second Nobel. Veuve, génie et amoureuse, c'en est trop. Comme le capitaine Dreyfus vingt ans plus tôt, on l'abrutit de calomnies. On va jusqu'à lapider sa maison.Au plus fort de la tourmente, elle reste fidèle à ses deux passions : Paul, l'amant, et Pierre, son mari tragiquement disparu.Quel secret les unissait ? Pour le comprendre, Irène Frain a interrogé des archives négligées, des photos méconnues, des lieux inexplorés. Et ressuscité, par-delà le thriller médiatique d'une modernité souvent glaçante, une femme-courage prête à tout risquer pour ceux qu'elle aime.

  • Un jour, un journaliste m'interpelle : « Vous qui êtes sortie de rien... »Quel rien ? La misère qui fut celle de mon père ?Je retourne en Bretagne. Le fil du passé n'est pas encore rompu, les gens se souviennent, un monde stupéfiant ressuscite, un lignage archaïque dont j'ignorais l'existence, rudesse et merveilles, austérité et truculence, cocasserie, poésie. L'esprit même de mon père, l'humilié qui ne plia jamais devant l'adversité.Une colère ancestrale prend alors la parole et me dicte, sans me laisser d'issue : « Cherche donc ce qu'il fut, ce Rien dont tu es la fille. Et dis-le. »Je m'incline, je croise ce passé avec ce qu'il me reste de mon père : la légende familiale, ses récits, ses carnets, toutes ces lettres qu'il écrivit lorsqu'il était prisonnier des nazis. Des énigmes s'expliquent, des secrets se dévoilent. Oui, mon histoire - jusqu'à mon prénom - est bien fille de la sienne : le combat d'un Breton « sorti de rien ». Combien sont-ils encore, sur la planète, à vouloir sauver comme lui le seul trésor qui vaille : la dignité ?Irène Frain est écrivain. Parmi ses romans : Le Nabab (Lattès, 1982), Secret de famille (Fayard, 1989), Devi (Fayard, 1993), L'Homme fatal (Fayard, 1995), Les Naufragés de l'île Tromelin (Michel Lafon, 2009).Visitez le site officiel de l'auteur avec des informations et des contenus exclusifs: http://www.irenefrain.com/

  • Passionnée par l'Asie, Irène Frain se fait ici enquêtrice autant que romancière. Inspiré d'une histoire vraie, ce texte révèle la quête de Joseph Francis Rock, un explorateur de génie. Dans les années 1920, parcourant la Chine et le Tibet, il est à la recherche d'une légendaire tribu matriarcale, ultime vestige du peuple des Amazones, vivant au seuil d'une montagne plus haute que l'Everest. La découverte du Royaume des femmes deviendra pour Rock une véritable obsession. « On me demande pourquoi j'habite la Montagne de Jade Je ris alors sans répondre Le coeur naturellement en paix Les fleurs de pêcher s'éloignent ainsi au fil de l'eau Il est un autre ciel, une autre terre que parmi les hommes. » I.F. Au royaume des femmes, Fayard, 2007

  • «?Qu'elle évoque son enfance pauvre, le rôle assigné aux femmes, la casse dans l'agriculture paysanne, ses escapades de jeunesse en Bretagne ou ses réflexions de citoyenne face à l'univers politique, Irène Frain sait nous parler comme en confidence. À travers des textes ciselés, humains, d'une vérité frappante, la romancière montre un talent rare pour raconter avec un sens exacerbé du détail juste. Un regard perçant au service d'une écriture farouchement libre. C'est un don et un art que de savoir ainsi capter l'attention. Elle écrit et on la suit, elle aligne des mots comme autant de cailloux blancs ou noirs, et nous voilà embarqués dans un univers tout sauf artificiel. Irène Frain nous fait un cadeau qui n'a pas de prix?: une émotion sans pareille qui va avec la sincérité quand elle s'unit au talent.?»
    Éric Fottorino, Directeur de l'hebdomadaire Le 1

    Entrée en littérature avec Le Nabab en 1982, Irène Frain est notamment l'auteure de L'Inimitable (1998), une biographie de Cléopâtre, et de Beauvoir in love (2012). Elle a également écrit de nombreux portraits de femmes pour la presse et a participé à la fondation du Women's Forum for the Economy and Society.

  • En Inde, dans les années 40, aux confins du désert. La guerre vient de dévaster une petite cité caravanière. Seule une maison close de grande renommée, le Moti Mahal, est restée ouverte.
    Derrière ses moucharabiehs, la tenancière et sa mère espèrent encore. Pourtant, plus un seul client. Et seulement deux filles. L'intenable Putli, et Mira, qui ne connaît rien du métier. Au fil des jours et de l'ennui, un jeu pervers commence. Jusqu'au matin où, enfin! un habitué déboule des dunes et des rocailles. La donne change. Mais sur cet échiquier brûlant, le plus fort n'est pas nécessairement celui qu'on croit...

  • I. Frain donne ses impressions autour des textes de Julien Gracq où la Bretagne apparaît.

  • En novembre dernier, l'auteur a remonté la vallée des hommes perdus à la recherche de l'Inde barbare. Elle nous entraîne donc dans l'Inde des ravines où s'affrontent les forces du bien et du mal dans un quotidien peuplé de dieux.

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