Nicole Moreau

  • « Clémence est silencieuse. Sans qu'elle puisse s'en empêcher, elle devient le personnage qu'elle a toujours rêvé d'être, celui qui se sacrifie, mais qui retire de son sacrifice un contentement immense, la certitude d'entretenir l'exaltation qui seule lui paraît justifier une vie. » Clémence Lentuéjoul se donne entièrement à son métier de laborantine - avec trop de passion sans doute, car à se dévouer si complètement et si ouvertement à ses malades, à son labo, elle n'a gagné que l'agacement, parfois la jalousie de ses collègues - et une solitude que ne rompt pas sa vie familiale dans une vieille maison parisienne entre une mère qui ne l'aime guère et un père préoccupé de ses soucis de procureur général. D'un labo à l'autre, du sous-sol vétuste de ses débuts où elle côtoie les sangsues à un laboratoire ultramoderne, elle traverse, toujours avec la même passion, la véritable révolution que connaît la biologie à partir du milieu du XXe siècle. La fin des années 70 voit apparaître une nouvelle et redoutable maladie, le sida, dont l'épidémie ne tarde pas à se répandre et qui n'épargne pas son laboratoire. Alors que la lutte contre le terrible fléau s'organise, elle entre dans sa vraie vie de femme en partageant avec son chef de laboratoire un amour à la fois lumineux et désespéré... Une vie en blanc, à travers la vie en apparence simple et lisse d'une jeune femme plus complexe qu'il n'y paraît, explore avec talent et précision les réalités quotidiennes d'un univers mal connu.

  • L'enfance paisible de Louise, sur les bords de la Dordogne, ne la prédestine pas à la vie rude qui l'attend. Une tragédie familiale, un revers de fortune, et c'est un destin qui bascule, réduisant l'enfant de douze ans, celle qui deviendra la « chineuse de Bergerac », à la condition de servante... Roman, chronique, saga familiale en pays de vignes et de bastides, cet ouvrage est tout cela à la fois. Nicole Morelle y évoque avec bonheur, dans un style vivant, imagé et précis, le parcours étonnant d'une héroïne que le destin obligera à sortir de la réserve des femmes de son temps. « Louise a réorganisé complètement ses étalages. La grange reste le lieu de la vraie brocante où l'on peut trouver n'importe quoi, depuis la carpette usagée jusqu'à l'armoire normande, en passant par la vaisselle, la bimbeloterie, les livres, les gravures, les peintures dépourvues de leur cadre, ou les cadres sans leur peinture, les lustres, les lampes, les salons de jardin, et les monceaux de bijoux de pacotille à portée de la main. Elle veut que le client ait de quoi s'amuser des heures à fouiner dans ce bric-à-brac où chaque objet le renvoie à un autre dans un dédale de minuscules passages ménagés entre les échafaudages de meubles. Il faut que, troublé par la profusion étalée sous ses yeux, il succombe au désir de possession. »

  • En haut de la vis, une corde est suspendue. Elle s'enroule, lâche, autour du noyau, et son extrémité - raccourcie d'un bon mètre - s'effiloche hors de portée de mes doigts. J'ai plusieurs marches à monter avant de l'agripper. Elle a dessiné, à force de frottements sur la pierre, une longue spirale jaune et vernie, qui témoigne du nombre d'ascensions qu'elle a facilitées. Un jour, sous mon poids, elle cèdera, je tomberai à la renverse, ma tête portera sur le bord de la marche. On changera la corde et l'on m'enterrera. C'est sûrement comme ça qu'ils sont morts, les autres. Au moins deux par siècle. On a déjà dû changer la corde dix fois.

  • En haut de la vis, une corde est suspendue. Elle s'enroule, lâche, autour du noyau, et son extrémité - raccourcie d'un bon mètre - s'effiloche hors de portée de mes doigts. J'ai plusieurs marches à monter avant de l'agripper. Elle a dessiné, à force de frottements sur la pierre, une longue spirale jaune et vernie, qui témoigne du nombre d'ascensions qu'elle a facilitées. Un jour, sous mon poids, elle cèdera, je tomberai à la renverse, ma tête portera sur le bord de la marche. On changera la corde et l'on m'enterrera. C'est sûrement comme ça qu'ils sont morts, les autres. Au moins deux par siècle. On a déjà dû changer la corde dix fois.

  • Pour clore l'année, la revue L'Inconvénient propose un dossier thématique sur le néoconformisme. Personne ne veut faire partie du « troupeau ». On se targue d'être libre, mais à ne pas vouloir entrer dans un moule, à « s'anticonformer », on finit parfois tout de même par se fondre dans une masse. Être anticonformiste, aujourd'hui, ne prend-il pas l'allure d'un autre conformisme ? Faudrait-il alors être anti-anticonformiste ? Collaboratrices et collaborateurs se penchent sur la question. Aux lectrices et lecteurs, ce numéro propose aussi Cioran en bande dessinée, la troisième partie de Jazz et condition noire aux États-Unis par Stanley Péan, un portrait de la peintre Judith Berry, un de l'oeuvre postréférendaire du cinéaste Denys Arcand, un regard sur les héroïnes des séries Sharp Objects et Killing Eve, un texte de fiction, de la poésie et les chroniques de Patrick Nicol, Geneviève Letarte, Olivier Maillart, pour la dernière fois, et Vincent Lambert, pour la première.

  • If the future of humanity depends on the massive development of renewable energies combined with drastic reductions in energy waste, many obstacles stand in the way.

  • Lorsque la passion des vieilles pierres entraîne une famille dans l'aventure de la restauration d'un château en Anjou, toute sa vie s'en trouve bouleversée. Lettre de château : expression traditionnelle qui désigne le mot de remerciement adressé à son hôte au lendemain de son invitation.

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