Editions Zoé

  • Claire, qui vit en Europe, passe l'été à Tokyo chez ses grands-parents. L'objectif de plus en plus lointain de ce séjour est d'emmener ces derniers en Corée renouer avec leur pays qu'ils ont fui pendant la guerre civile il y a plus de cinquante ans.
    Claire partage son temps entre le quartier coréen de Tokyo, l'appartement des grands-parents et le monde de la petite Mieko, dont elle doit s'occuper pendant les vacances d'été japonaises.

    L'écriture précise et dépouillée d'Elisa Dusapin parvient à plonger le lecteur dans une atmosphère intime de douceur et de violence feutrée. Elle excelle à décrire l'ambivalence propre aux relations familiales : les cruels malentendus comme l'amour entre les personnages sont d'une puissante justesse.

    Née en 1992 d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Pour son premier roman paru aux Editions Zoé, Hiver à Sokcho elle reçoit le Prix Walser, le Prix Alpha, le prix Régine Desforges, et est lauréate de l'un des prix Révélation de la SGDL.

  • Jours à Leontica Nouv.

    Chaque matin, à une heure où le coq dort encore, le Felice quitte le village et part vers les sommets qui dominent le Val Blenio, personne ne sait vraiment où. Jusqu'au jour où le narrateur, arrivé de la ville, décide de lui emboîter le pas. Voici le récit de ses journées passées en compagnie du vieil homme et des habitants du village, au contact d'une existence marquée par les mêmes habitudes immuables, les gestes simples et beaux de ceux qui ont construit une relation privilégiée avec la nature. L'écriture de Fabio Andina, aussi sobre que sensible, instille dans Jours à Leontica le rythme lent et serein d'une existence passée au coeur de la montagne.

    Fabio Andina est né à Lugano en 1972 et a étudié le cinéma à San Francisco. Il vit au Tessin, à Malcantone, près de la frontière entre la Suisse et l'Italie. Publié en 2018 en italien, Jours à Leontina est son deuxième roman, le premier à paraître en français.

  • Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l'oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu'elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son identité intime, puisant dans cette quête, deux ans durant, la force nécessaire pour échapper à sa condition.

    Roman d'une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies tirées des archives familiales de Gabriella Zalapì. Comme chez Sebald, elles amplifient la puissante capacité d'évocation du texte.

    /> Gabriella Zalapì est artiste plasticienne, d'origines anglaise, italienne et suisse. Née à Milan, elle a également vécu à Genève et New York. Aujourd'hui elle habite et travaille à Paris. Antonia est son premier roman.

  • Marta et Arthur

    Katja Schonherr

    Lorsque Marta découvre un matin Arthur mort à ses côtés, une à une les petites interdictions qu'il lui imposait se vident de leur sens. C'est aussi le terme de quarante ans d'une relation faite de frustrations et de cruautés ordinaires. Tandis qu'on assiste à l'errance de Marta dans l'appartement, on plonge dans son passé et on découvre comment, jeune écolière, elle a plongé ses yeux dans le regard couleur menthe givrée de celui qui est devenu l'homme de sa vie.L'engrenage d'une relation nourrie d'incompréhension, Katja Schnherr le raconte dans une écriture extrêmement sensible et avec un sens de l'intrigue tel qu'on dévore le roman pour savoir ce qui a bien pu se passer pour en arriver là, ce qui a pu pousser ces deux êtres l'un vers l'autre. Palpitant et glaçant.

    Katja Schnherr est née en 1982 et a grandi à Dresde. Après des études en journalisme à Leipzig, elle reprend, près de dix ans plus tard, des études en écriture littéraire à la Haute école des arts de Berne. Installée à Zurich, elle vit aujourd'hui de l'écriture journalistique et littéraire. Marta et Arthur est son premier roman.

  • À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Fran­co-coréenne qui n'a jamais mis les pieds en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l'inspiration depuis sa Normandie natale. C'est l'hiver, le froid ralentit tout, la cuisine de poissons peut être dangereuse, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et les coups de crayon danser sur le papier : une attirance fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si dif­férentes. Ce roman délicat comme la neige sur l'écume transporte le lecteur dans un univers d'une richesse et d'une originalité rares, à l'atmosphère puissante.

  • Les printemps sauvages Nouv.

    Les Printemps sauvages raconte de manière puissante la nature et la surprise du sexe. Odeurs, matières, couleurs, tous les sens sont aux aguets pour saisir la beauté du monde. Et sa fragilité : il y a urgence à inventer de nouveaux rapports au vivant. Simultanément, Douna Loup publie une bande dessinée chez Marabout : L'affaire Clitoris.

    Douna Loup, née en 1982 a passé son enfance et son adolescence dans la Drôme. Son premier roman, L'Embrasure (Mercure de France, 2010), lui vaut le Prix Schiller découverte et le Prix Michel-Dentan 2011. Elle vit aujourd'hui près de Nantes. Toute son oeuvre est une ode solaire à la nature et à la liberté.

  • Un jeune homme arrive au creux de l'hiver dans une ville encerclée par la mer pour faire l'inventaire de l'oeuvre d'une traductrice célèbre qui s'y est installée. Les détails du quotidien de cette femme - ses habits en tas sur son lit, un vernis à ongle dans la porte de son frigo, deviennent aussi importants que l' « océan de feuillets manuscrits, piles de lexique et carnets de travail ». Peu à peu le jeune homme, dans sa solitude et sa fascination pour la traductrice, s'associe à elle au point que leurs gestes et pensées se confondent. Vertigineuse expérience intérieure pour lui. Un jour de marée et de pluie de fin du monde termine ce roman dont la lumière douce et floue, l'eau noire et épaisse omniprésente, le ciel en ciment, envoûtent le lecteur grâce à une tension permanente.



    Né en 1988, Bruno Pellegrino vit et travaille à Lausanne. Là-bas, août est un mois d'automne est son premier roman, récompensé notamment par le Prix des libraires Payot, les prix Alice Rivaz, Écritures et spiritualités, et le prix François Mauriac de l'Académie française. Avec Aude Seigne et Daniel Vuataz, il a cosigné la série littéraire Stand-by (deux saisons, publiés aux éditions Zoé en 2018 et 2019).

  • Recueillis par l'historien et écrivain Luc Weibel, voici les souvenirs de Madeleine Lamouille : les temps de l'enfance, la faim au ventre, dans les années 1900, puis l'adolescence dans une « manufacture-internat » ; l'engagement, surtout, entre 1920 et 1940, comme femme de chambre dans une famille de l'aristocratie vaudoise, puis dans une maisonnée bourgeoise de Genève. À la campagne comme à la ville, bonnes et cuisinières sont des « pipes de terre » quand leurs maîtres seraient de « porcelaine ». Mais si Madeleine Lamouille connaît sa place auprès de « Monsieur » et de « Madame », elle sait se faire entendre pour obtenir un minimum de considération. Lucide et vivant, son récit en dit long sur cet esclavagisme des temps modernes, perpétué au nom de la liberté individuelle.

    Née dans une famille pauvre du canton de Fribourg, Madeleine Lamouille (1907-1993) travaille dans les années 1920 et 1930 comme femme de chambre dans des maisonnées bourgeoises romandes. Dans les années 1970, elle raconte son expérience de domestique à l'écrivain Luc Weibel, petit-fils d'une famille genevoise pour laquelle elle a travaillé. De ces conversations naît Pipes de terre et pipes de porcelaine, publié en 1978.

  • «Je vois des arbres là où Gustave et Madeleine voyaient des tilleuls, des aulnes, des acacias. J'écris sur des gens qui étaient capables de nommer les choses, les fleurs et les bêtes, alors que j'ai besoin d'une application sur mon téléphone qui identifie les oiseaux par leur chant, les plantes par leurs feuilles. Ce qui me fascine, chez ces deux-là: leur manière lente et savante d'éprouver l'épaisseur des jours.»

    Gustave et Madeleine ont toujours vécu sous le même toit. Elle tient la maison, se passionne pour la conquête spatiale, lui s'acharne à décrire les choses qui changent. Deux vieilles chouettes hyper attachantes qui se shootent au thé et savent habiter leur vie.

    Ce roman aux accents biographiques s'inspire de la vie du poète Gustave Roud (1897-1976) et de sa soeur Madeleine.

    Né en 1988, Bruno Pellegrino vit et travaille à Lausanne. Lauréat du Prix du jeune écrivain (L'Idiot du village, Buchet-Chastel, 2011), il a publié de nombreux textes dans des revues et ouvrages collectifs. Son premier livre, Atlas nègre (Paris, T!nd, 2015), figure parmi la sélection du Prix du Roman des Romands. Bruno Pellegrino est également actif au sein du collectif AJAR, auteur de Vivre près des tilleuls (Paris, Flammarion, 2016). Là-bas, août est un mois d'automne est son premier roman.

  • A la morte saison, dans l'enceinte désertée d'un cirque à Vladivostok, un trio à la barre russe s'entraîne. Nino pourrait être le fils d'Anton, à eux deux, ils font voler Anna dans les airs. Ils se préparent au concours international de Oulan-Oude, visent le quadruple triple saut périlleux sans descendre de la barre. Si Anna ne fait pas confiance aux porteurs, elle tombe et ne se relève plus.Dans ce troisième roman d'Elisa Dusapin, le lecteur retrouve son art du silence, de la tension et de la douceur. Son sens puissant de l'image nous rend le monde plus perceptible, plus proche sans pour autant en trahir le secret.

    Née d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Elle a publié aux éditions Zoé en 2016 Hiver à Sokcho (prix Walser, Alpha, Régine Desforges et Révélation de la SGDL) et en 2018 Les Billes du Pachinko (Prix suisse de littérature et Alpes-Jura)

  • Robert Walser, le promeneur le plus passionné parmi les écrivains, a passé les 27 dernières années de sa vie en internement. Une longue période de silence, dont on ne possède presque aucun témoignage. L'écrivain avait complètement cessé d'écrire, mais non de lire, ni surtout de réfléchir et de penser le monde, comme nous le prouvent les récits de ses promenades avec le journaliste Carl Seelig. Aussi riches en anecdotes qu'en considérations sur l'art, la société et la politique, ainsi que sur les propres textes de Walser, les promenades offrent un matériau rare pour explorer l'oeuvre de cet écrivain à l'esprit primesautier unique en son genre.

    Né en 1894 à Zurich, Carl Seelig était journaliste littéraire et écrivain. Il rencontre Robert Walser en 1936 à Herisau, maison de santé où le poète cessera d'écrire, se soumettant sans rechigner à son traitement : plier et coller des sacs en papier, écosser des petits pois. Seelig s'imposera alors comme le porte-parole du « poète muet ». Il contribuera de façon décisive à ce que l'oeuvre de Walser soit diffusée.

  • Nicolas Bouvier est devenu l'incarnation d'un art de voyager, L'Usage du monde s'est imposé comme la référence de la littérature du voyage. Mais la critique sur son oeuvre n'englobe pas les relations de Bouvier à l'histoire, à la géographie, à tous ces savoirs qu'il dit vouloir ignorer afin d'être plus disponible à ce qu'il découvre. L'éloge de l'ignorance et la logique du désencombrement sont pourtant loin de mettre fin au désir de connaissance, explique Liouba Bischoff : ils visent surtout à fonder un rapport authentique au monde.L'auteure explore les carnets inédits de Bouvier et l'ensemble de son oeuvre dans le but de comprendre ce paradoxe. Elle démontre brillamment et sans jargon, quel usage des savoirs Bouvier a développé, dans ses voyages comme dans son oeuvre.

    Liouba Bischoff, maître de conférence à l'École normale supérieure de Lyon, est spécialiste des récits de voyage et des rapports entre littérature et sciences humaines (géographie, histoire, anthropologie.Elle a écrit sur Jean Rolin, Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli.

  • En mai 1941, Annemarie Schwarzenbach embarque à Lisbonne pour Brazzaville, désormais la capitale de la France libre, dans l'espoir de rallier la Résistance. Mais au Congo, la guerre de propagande fait rage entre Vichy et les forces de la libertéAnnemarie, suspectée d'être un agent nazi, n'échappe pas à la censure.

    Les Forces de liberté regroupe des textes écrits par Schwarzenbach durant les neuf mois et demi que dure son voyage en Afrique. Pour la plupart inédits en français, ces reportages, récits et poèmes questionnent le rapport du journalisme à la vérité et donnent à lire la réalité méconnue du continent africain durant la Seconde Guerre. Ils offrent aussi à l'écrivain des moments de grâce, de plénitude, la description de contacts miraculeux avec le fleuve, la jungle ou la brousse.

    Journaliste de génie, écrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut une femme libre, grande voyageuse. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme.

  • Gloria Vynil

    Rose-Marie Pagnard

    Porter en soi une amnésie comme une petite bombe meurtrière, avoir cinq frères dont un disparu, vivre chez une tante tutrice et folle de romans : telle est la situation de Gloria, jeune photographe, quand elle tombe amoureuse d'Arthur, peintre hyperréaliste, et d'un Museum d'histoire naturelle abandonné. Dans une course contre le temps, chacun des deux cherche alors, au moyen de son art, à capter ce qui peut l'être encore de ce monument avant sa démolition. Un défi à l'oubli, que partagent des personnages lumineux, tel le vieux taxidermiste qui confond les cheveux de Gloria et les queues de ses petits singes. Avec le sens du merveilleux et le vertige du premier amour, Gloria traverse comme en marchant sur l'eau cet été particulier et sa révélation monstrueuse.

    ROSE-MARIE PAGNARD a notamment publié La Période Fernandez (1988, Actes Sud, prix Dentan), Dans la forêt la mort s'amuse (1999, Actes Sud, prix Schiller), Janice Winter (2003, éditions du Rocher, Points Seuil), J'aime ce qui vacille, 2013, Zoé, Prix suisse de littérature).

  • AcaDa-Writa est le raconteur d'histoires d'Élobi, république de Crevetterie.

    Au bar d'Uncle Godblessyou, il trompe l'attente du peuple crevettard avec sa panoplie de fables. Dans sa tête, Dibéa le fou occupe beaucoup de place. Il se manifeste sans crier gare, s'empare de la bouchanus de son hôte pour réclamer l'avènement du Grand Jour que tout le monde attend à Élobi, celui où Sa Phall'Excellence et Sa Clith'Altesse apparaîtront devant le peuple pour lui accorder sa part de richesse.

    Mais seuls les Calaos-Cabellos, percepteurs de l'impôt royal, toquent aux portes des habitants pour leur soutirer leur bien le plus personnel et précieux, leurs cheveux, leur âme. Tout ça pour que Sa Royale Bien-Aimée puisse se coiffer d'une Tour Eiffel grandeur nature en mèches authentiques.

    Né à Douala au Cameroun, Max Lobe vit en Suisse depuis 16 ans d'où il élabore une langue rythmée, dialoguée et nourrie d'expressions bassa, son ethnie. Parmi les distinctions reçues, le prix du Roman des Romands (2014) pour 39 rue de Berne et le prix Ahmadou-Kourouma (2017) pour Confidences.

    Avec La Promesse de Sa Phall'Excellence, Max Lobe confirme son talent pour inventer une véritable langue pleine de trouvailles et de fulgurances. Rabelais n'est pas loin.

  • L'enfant d'une famille de saisonniers italiens, entré illégalement dans le « pays d'accueil », passe son enfance caché dans l'immeuble qu'habitent ses parents, développant d'étonnantes capacités de dissimulation. De ses cachettes sous le buffet ou du moindre recoin sombre de la cage d'escalier, il observe le microcosme familial.Ce roman d'apprentissage captivant, fable sociale flirtant avec le surréalisme sur un tabou de l'histoire sociale suisse - le destin des travailleurs étrangers dans les années 1960-1970 - ne peut qu'amener le lecteur aux questions actuelles sur l'immigration clandestine, les politiques hostiles aux étrangers, ou plus généralement l'isolement d'existences partagées entre deux mondes, qui ne trouvent nulle part où s'installer.

    Vincenzo Todisco est né en 1964 dans une famille de travailleurs italiens, dans une petite ville de Suisse allemande. Il parle couramment les quatre langues nationales. L'Enfant lézard est son premier livre écrit en allemand.

  • Vue mer

    Boncenne Colombe

    Aujourd'hui, Stefan doit annoncer à son équipe une nouvelle qui va bouleverser l'avenir de son entreprise. Mais voilà, ce matin, il ne démarre pas.Vue Mer décrit la comédie humaine quotidienne de nos journées de bureau. Comme dans une famille, le rôle de chacun est attribué une fois pour toutes : Françoise la gentille secrétaire, Bart le tire au flanc, Guy le contestataire, Charlotte la bosseuse, Rita la jeune-et-jolie assistante... Et Stefan le patron, paternel manipulateur, cynique émouvant.Seul dans sa voiture immobile, le grand absent de la journée s'adresse à ses collaborateurs, façonne leurs agissements et leurs pensées, sans qu'ils ne l'entendent, ni ne le voient.Colombe Boncenne écrit avec Vue Mer une satire sociale dont la drôlerie n'ôte rien à la finesse et à la gravité. Son premier roman, Comme neige (Buchet Chastel, 2016), a reçu le prix Fénéon.

    Colombe Boncenne vit à Paris, elle a reçu le prix Fénéon et a été lauréate du Festival du premier roman à Chambéry avec Comme neige (Buchet Chastel, 2016).

  • Artémis. Seize mètres d'aluminium, douze tonnes, taillé pour les mers de glace. Pendant quarante jours, quatre architectes paysagistes embarquent sur ce voilier pour étudier le territoire du cercle polaire. En plein coeur d'une nature vertigineuse, mais soumis à un confinement qui ressemble à un huis-clos, ils vont être confrontés aux contraintes impitoyables tant du groupe qu'ils forment avec le capitaine du voilier et son adjoint que de ce désert glacé dont la nature est aussi toxique qu'ensorcelante.

    Anne-Sophie Subilia est membre de l'AJAR, elle a travaillé avec Philippe Rahmy et Noëlle Revaz à la Haute Ecole de Berne et Kenneth White à Montréal. Son écriture se fonde sur une expérience physique de l'espace et la volonté de révéler la profondeur de l'ordinaire qui nous constitue.

  • Cette soixantaine de textes, dont la moitié pour la première fois en français, donnent à entendre les réflexions lucides et subtiles de Robert Walser sur l'art musical. Envolées lyriques pour la Flûte enchantée de Mozart ou ironie acérée face aux mondanités des auditeurs et poses affectées des musiciens, le poète s'attache à toutes les mélodies. Mais ce n'est pas une surprise s'il marque sa préférence pour les formes modestes, brèves et les sons du quotidien. Avec la précision qui le caractérise, Walser s'attache à écouter le silence de la neige, les flonflons des cafés ou la petite musique qui accompagne le badinage amoureux. Sa prose elle-même est empreinte de musicalité, tressautant tantôt gaiement d'un sujet à l'autre, tantôt entonnant des lamentos aux accents plus graves.

    Robert Walser (1878-1956), maître des petites proses, poètes du quotidien, est l'un des grands écrivains de langue allemande du XXe siècle. Les textes réunis ici couvrent toute sa période créative - des premiers poèmes qui lui valent son entrée dans le monde littéraire (1899) aux textes tardifs, composés à la Waldau où il est interné dès 1929.

  • Sous nos trottoirs et nos océans, des millions de mails transitent chaque seconde à travers des câbles qui irriguent notre monde. Surfant sur ce flux continu, Pénélope, June, Birgit et Lu Pan mènent leur existence de « millénials » aux quatre coins de la planète. Fascination ou familiarité, dépendance ou dégoût, leur rapport au web oscille, dans leur travail comme dans leur vie amoureuse. En découvrant l'univers de boîtes et de fils qui les relient bien plus concrètement qu'ils n'imaginent, ils élaborent un plan vertigineux pour atteindre leur but commun : mener une existence hors de la Toile.

    Ce roman est un génial selfie du monde contemporain, dans lequel virtuel et réel sont toujours plus intriqués.

    Prix Nicolas Bouvier au Festival Etonnants voyageurs à Saint Malo pour Chroniques de l'Occident nomade (Zoé, 2012), Aude Seigne a ensuite publié en 2015 Les Neiges de Damas. Quand elle n'est pas en voyage, elle vit à Genève.

  • Grand national

    Roland Buti

    Grand National est le récit d'une crise dans la vie de Carlo. Sa mère disparaît, son employé - colosse sentimental au passé douloureux -, est roué de coups pour une mystérieuse raison, sa femme le quitte. Le voici face au manque, mesurant son intime connaissance de l'être aimé et découvrant la jeunesse romanesque de sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale : l'occasion pour lui de porter un regard étonné et neuf sur le monde.

    Roland Buti a l'art de nous mettre tout contre ses personnages, de nous les rendre familiers de manière tactile, concrète et sensuelle. Le corps, le visage, les mouvements de chacun, la nature et les émotions sont saisis avec une infinie douceur, en dépit de la violence ou du comique des scènes.



    Roland Buti vit à Lausanne. Son précédent roman, Le Milieu de l'horizon (Zoé, 2013), a été traduit en sept langues et a reçu de nombreux prix littéraires. Il est adapté au cinéma en 2019.

    Les grands parents de Roland Buti étaient paysans et boulangers, il est professeur d'histoire et promène son regard étonné et curieux sur le monde avec une droiture rare et un humour rafraichissant.

    Son dernier roman Le Milieu de l'horizon a été traduit en six langues (dont l'anglais, l'italien, le danois et l'allemand) et a reçu de nombreux prix littéraires en Suisse et en Allemagne.

  • La vache

    Beat Sterchi

    La Vache, c'est le grand roman réaliste du monde rural et de l'industrie alimentaire, où le sort du travailleur étranger a peu à envier à celui du bétail. Chapitres impairs : Ambrosio, l'immigré espagnol, est engagé par le brave Knuchel pour prendre soin de ses vaches. Il vit au coeur de la famille du paysan et de son troupeau au rythme de la nature et des saisons, sous le regard méfiant des habitants du « pays nanti ». Chapitres pairs : le même Ambrosio, sept ans plus tard, désormais chargé aux abattoirs de tuer et dépecer les mêmes bêtes qu'il choyait auparavant. Comment en est-il arrivé là ?

    Presque quarante ans après la première parution, Zoé réédite ce texte essentiel dont les questionnements sur les immigrés et le droit des animaux sont plus que jamais actuels.

    Beat Sterchi avait un père boucher, il aurait dû l'être aussi. Mais dès la fin de son apprentissage, il fuit le « pays nanti » helvétique pour le Canada, puis le Honduras, et se consacre à la littérature. En 1983, il a 34 ans et publie en Suisse La Vache. Coup de tonnerre dans le monde littéraire germanophone, mais Sterchi décampe en Espagne. Depuis, il écrit reportages, petites proses, textes pour la radio et le théâtre.

  • L'adolescence heureuse de Maiko entre Bruxelles et Hong Kong a volé en éclat le jour où son père, microbiologiste de renommée internationale, a disparu. Revenue d'une plongée dans la drogue, la jeune femme se lance à corps perdu sur les traces de son père, même s'il lui faut arpenter les quatre coins du monde, talonnée par de mystérieux poursuivants, et affronter ses propres démons.

    Dans ce récit d'une fuite en avant autant que d'une reconstruction, Sonia Molinari instille son talent pour croquer atmosphères et personnages. C'est sans hésiter que l'on s'embarque à la suite de Maiko, héroïne rebelle, fragile et attachante.

    Sonia Molinari vit près de Neuchâtel, où elle enseigne le flamenco. Avant ça, elle a entre autres travaillé comme hôtesse de l'air et appris à parler cinq langues, un peu comme son héroïne, Maiko Saez. Ne pas laisser le temps à la nuit est son premier roman, qu'elle a porté et peaufiné pendant six ans. Sonia Molinari dit qu'elle est spectatrice de ses personnages et de leur vie. Elle les observe et les transcrit avec l'intuition puissante d'une conteuse.

  • Sans silke

    Michel Layaz

    Silke, 19 ans, se retrouve préceptrice de la petite Ludivine dans une maison de maître en pleine nature. Embrasser les arbres, apprendre à voler comme les oiseaux, dormir à la belle étoile... neuf mois durant, toutes deux vivront côte à côte dans un monde onirique, en marge des parents de Ludivine, absorbés par leur relation exclusive.

    On retrouve dans ce texte la fascination de Layaz pour l'enfance et sa mystérieuse innocence. Il attrape avec une précision remarquable les gestes d'une petite fille, qui s'arcboute de joie après un coup réussi au billard, qui se caresse les épaules de satisfaction lors d'un moment d'intense concentration et dont les mots peuvent rappeler ceux du meilleure des poètes : « J'ai envie de larmes »

    Michel Layaz fait partie des principaux auteurs romands contemporains. Parmi ses livres, Les Larmes de ma mère et La Joyeuse complainte de l'idiot ont été traduits en allemand, en italien, en bulgare et sont parus en poche chez Points.

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