Arts et spectacles

  • Premier ouvrage d'historiographie artistique de l'Occident moderne, les Vies des peintres en demeurent un de ses chefs d'uvre. Depuis cinq siècles, il contribue à la séduction persistante du goût occidental pour la Renaissance italienne, toscane en particulier. Suivant une pratique littéraire traditionnelle, le recueil se compose dune suite de biographies : il commence au 13e siècle avec Cimabue et Giotto, étudie tous les grands peintres, architectes et sculpteurs de la Renaissance, Masaccio, Fra Angelico, Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Bramante, et apporte une mine dinformation sur la vie de ses grands contemporains, Michel-Ange et Titien. Ecrites dans un style alerte, émaillées de multiples anecdotes, ces Vies sont encore aujourdhui linstrument idéal pour connaître la Renaissance artistique italienne et faire revivre les grandes personnalités qui lont forgée. Léopold Leclanché publia à Paris en 1841-1842 la première traduction française dont l'essentiel est repris dans ce volume, accompagné d'un léger appareil de notes qui aide à identifier les oeuvres survivantes. Louvrage est présenté et la traduction révisée par Véronique Gerard Powell, qui enseigne lhistoire de lart à luniversité de Paris IV.

  • Dora Maar, Henriette Theodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d'un père croate, architecte, et d'une mère catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle retourne à vingt ans dans sa ville natale et s'y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l'art durant l'entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra « la femme qui pleure », amante de Picasso livrée aux exigences du génie que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu'à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé puisque Dora choisit de tout léguer à l'Eglise.
    De Cocteau à Lacan, c'est toute une époque que dépeint Alicia Dujovne-Ortiz. Au détour d'une enquête psychologique passionnante, elle fait défiler dans ces pages une pléiade d'artistes d'avant-garde et de grands esprits et dresse le portrait d'une femme-image toujours mystérieuse, à laquelle la critique contemporaine attribue enfin le rôle qui lui revient.

  • Adolf Loos (1870-1933) ne fut pas seulement l'architecte révolutionnaire que l'on sait. Il fut aussi un brillant chroniqueur qui entendait réveiller l'Autriche du xxe siècle en lui inculquant les principes de la modernité. On trouvera rassemblés dans ce volume l'ensemble des textes qu'il a écrits sur le thème du vêtement et de la mode. Les chapeaux, les chaussures, les sous-vêtements, la terrible apparition de la femme-enfant, rien n'échappe à cet analyste aussi fin que spirituel. Selon quels critères choisir son manteau de fourrure ? Comment avoir l'air d'un gentleman quand on fait du vélo ? Les femmes doivent-elles porter les cheveux courts ? Une leçon de style.
     
    InéditTraduit de l'allemand (Autriche) par Anatole Tomczak

  • Qui se souvient de Kurt Gerron, de son destin inouï et tragique ? Né dans une famille juive à Berlin en 1897, il est le comédien, le metteur en scène et le réalisateur le mieux payé d'avant-guerre (L'Opéra de Quat'sous avec Brecht, L'ange bleu avec Marlène Dietrich). Courtisé par Hollywood, il refuse de partir. La Gestapo l'arrête en 1940. Comme beaucoup d'autres artistes juifs, il est enfermé au camp de Therensienstadt. Là, Rahm, SS-Obersturmführer, lui commande un film de propagande sur la vie du camp : Le Führer offre une ville aux juifs.
    Pourquoi Gerron accepte-t-il de tourner ce film ? C'est la question récurrente et aussi le point de départ de ce roman vrai. Le pacte que Gerron accepte livrera à jamais au monde une image ignoble et mensongère, déformera la vie qu'il a connue à l'intérieur de Theresienstadt, bafouera la souffrance et l'horreur vécues par tant de milliers de gens. Son film sera une trahison, jusque dans la promesse de lui valoir la vie sauve.

  • S'inspirant de l'essai homonyme de Camus, Edwige Danticat brosse le portrait d'artistes immigrés et d'intellectuels de tous pays, partagés entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression, entre la dette qu'ils ont envers leurs pays d'accueil et le sentiment de culpabilité qu'ils nourissent envers le pays de leurs racines, victimes de crimes qui les ont poussé à fuir, mais qui continue de hanter leur art. Portrait, mais aussi témoignage d'une situation politique qui perdure en Haïti.
    Histoire personnelle, mais aussi réflexion sur la création en exil, apportant la preuve qu'il n'est de vraie patrie, pour l'écrivain, que la littérature.

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