• Le Montespan

    Jean Teulé

    Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisables.
    Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Madame de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune.
    C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan.
    Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose.
    Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite.
    Jean Teulé est l'auteur de onze romans, tous publiés chez Julliard, parmi lesquels on peut citer Rainbow pour Rimbaud, Les lois de la gravité, Ô Verlaine !, Je, François Villon... Le Magasin des Suicides est traduit en dix langues. Darling fut adapté au cinéma par Christine Carrière, avec Marina Foïs et Guillaume Canet. Le Montespan a reçu le Grand prix Palatine du roman historique et le prix Maison de la Presse 2008.

    Une voix tranchante et tout à la fois rassurante distille les mots : François d'Aubigny, comédien formé par Andréas Voutsinas, joue dans de nombreuses séries télévisées dont : Commissaire Moulin, Femmes de loi, Avocats et associés.
    Durée : 8 h

  • À la fin du XVIIIe siècle, deux membres de l'Académie royale d'Espagne sont mandatés par leurs collègues pour se rendre à Paris et en rapporter les 28 tomes de l'Encyclopédie, alors interdite dans leur pays. Le bibliothécaire don Hermógenes Molina et l'amiral don Pedro Zárate, hommes de bien intègres et courageux, entreprennent alors de Madrid à Paris un long voyage semé de difficultés et de dangers. Par des routes infestées de brigands, faisant halte dans des auberges inconfortables, les deux académiciens arrivent à Paris, où ils découvrent avec étonnement les rues de la capitale française, ses salons, ses cafés, ses librairies, ses moeurs libertines et ses agitations politiques. Mais très vite, leur quête de l'Encyclopédie se révèle d'autant plus difficile que l'édition originale est épuisée et qu'une partie de l'Académie espagnole, opposée à l'esprit des Lumières, a lancé à leurs trousses un espion chargé de faire échouer l'entreprise. Nourri de réalité et de fiction, habité par des personnages ayant existé ou nés de l'imagination de l'auteur, Deux hommes de bien est un merveilleux roman d'aventures et un éloge de ce qui fut la plus grande entreprise intellectuelle du XVIIIe siècle. Mais c'est aussi, dans la reconstitution minutieuse et passionnante d'un Paris prérévolutionnaire plus vivant que jamais, un hymne à l'amitié et un bel hommage à Don Quichotte d'un écrivain profondément épris de la France.

  • Un roman historique retraçant le parcours d'une femme exceptionnelle au temps de Rembrandt et de Vermeer

    À la mort – mystérieuse – de son mari, la jeune Catrijn quitte sa campagne néerlandaise natale pour tenter sa chance à la ville. Le hasard des rencontres la mène à Amsterdam où elle est engagée comme intendante par la famille van Nulandt. Passionnée de peinture, Catrijn aide la maîtresse de maison – bien moins douée – à parfaire son apprentissage. La ville est alors à son apogée : la richesse des vaisseaux revenant des colonies permet l'essor de l'art, de l'artisanat et des sciences. Catrijn fera la rencontre marquante de Rembrandt dans son atelier.

    Mais, poursuivie par son passé, en la personne d'un ancien valet de ferme qui menace de révéler les circonstances de la mort de son mari, Catrijn doit fuir. Monsieur van Nulandt la recommande alors à son frère, Evert, qui l'embauche dans sa faïencerie à Delft. Le succès de Catrijn est immédiat – elle va mettre au point le célèbre bleu de Delft –, et elle prend une importance grandissante dans l'atelier et le cœur d'Evert. Elle va se former auprès de Carel Fabritius, ancien maître et ami de Vermeer, ce dernier voyant d'un œil bienveillant les stupéfiants progrès de la jeune femme.

    Tiraillée entre deux hommes, Catrijn va devoir faire des choix et, malgré l'explosion de la poudrière qui ravage la ville de Delft en 1654 et la peste venue s'abattre sur la ville quelque temps après, la jeune femme va tracer avec courage son propre chemin.

    Dans un récit parfaitement rythmé, Simone van der Vlugt raconte avec brio l'histoire du Siècle d'or néerlandais pour emporter son lecteur sur les pas de Catrijn. Elle offre ainsi le magnifique portrait d'une femme artiste, qui cherche à se faire une place dans un monde d'hommes en dépit des violences et des préjugés. Un roman captivant.

  • Début du XVIIe siècle. Un jeune homme originaire de la Montagne libanaise est envoyé à Rome pour étudier et entrer au service de la papauté. Avide d'atlas et des découvertes scientifiques d'un temps dominé par Galilée, Raphaël Arbensis ne tarde pas à se détourner de la carrière qui s'imposait à lui, rêvant d'autres vies possibles. De Rome à la république de Venise, puis à Istanbul et Ispahan, de Vicence à Paris et Amsterdam, le voici tour à tour aventurier, diplomate, marchand, côtoyant la famille Barberini et ses papes, Fabri de Peiresc, Borromini, Corneille ou Rembrandt. Ami des peintres, il se mêlera aussi d'astronomie, tâtera de la politique auprès de Mazarin à l'heure de la Fronde, connaîtra la disgrâce et les déceptions amoureuses...
    En une succession de brefs chapitres qui sont autant de miniatures d'une époque tumultueuse et foisonnante, Charif Majdalani conte le roman d'un homme né ailleurs mais fasciné par l'humanisme européen, en quête d'une place dans le monde et d'un bonheur pour lesquels il devra s'affranchir des lois et des savoirs anciens.
    Charif Majdalani est né au Liban en 1960. Il enseigne les lettres françaises à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur, notamment, d'Histoire de la Grande Maison (2005), Caravansérail (2007), Le Dernier Seigneur de Marsad (2013), Villa des femmes (2015, prix Jean Giono) et L'Empereur à pied (2017), tous parus au Seuil.

  • Le pays de la liberté

    Ken Follett

    • Audiolib
    • 27 Novembre 2019

    Entre le jeune Mack, condamné à un quasi-esclavage dans les mines de charbon des Jamisson, et l’anti-conformiste Lizzie, épouse déçue d’un des fils du maître, il n’a fallu que quelques regards et rencontres furtives pour faire naître l’attirance des cœurs.
    Mais dans la société anglaise du XVIIIe siècle, encore féodale malgré les idées neuves de ses philosophes, l’un et l’autre n’ont de choix qu’entre la soumission et la révolte. Rebelle, fugitif, repris et condamné, Mack ne reverra Lizzie que dans la plantation de Virginie où on l’a déporté pour le travail forcé. Alors seulement ils comprendront que le bonheur se gagne en forçant le destin…
    Des crassiers de l’Écosse aux docks de la Tamise, de l’Amérique esclavagiste aux premières incursions vers l’Ouest encore vierge, l’auteur des Piliers de la Terre nous entraîne ici dans une superbe épopée où la passion amoureuse se confond avec l’aspiration de toute une époque à la liberté et à la justice.
    © et (P) Audiolib, 2019
    Crown Publishers, Inc., © Ken Follett, © Éditions Robert Laffont S.A., 1996
    Durée : 14h40

  • Un bijou de drôlerie, pour les amateurs de comédies policières !
    La reine Marie-Antoinette reçoit la visite de son frère adoré, l'empereur Joseph II. Mais les retrouvailles sont de courte durée. Un code secret permettant d'entrer en contact avec les espions du royaume a été dérobé ! Et le voleur se serait enfui... accoutré d'une robe de mariée ! Une création de Rose Bertin, la modiste de la Reine ! À Versailles, rien ne tourne plus rond.
    La grande organisatrice !
    Marie-Antoinette a deux préoccupations : 1) son apparence 2) les affaires diplomatiques de la France. L'Histoire a négligé la deuxième. Pourtant la reine a plus d'un tour dans son sac !
    Détective amateur n°1 !
    /> Rose Bertin, modiste, a atteint son rêve : avoir sa propre boutique à Paris. Mais, avec ses activités parallèles d'enquêtrice et les provocations de Léonard, elle n'a pas un moment de répit !
    Détective amateur n°2 !
    Léonard Autier, plus connu pour ses penchants pour la boisson et le jeu que pour ses talents de coiffeur, fait parfois montre de courage. Sa hardiesse sera-t-elle à la hauteur de l'exaspérante Bertin et des volontés de la Reine ?
    Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d'un humour savoureux. Récompensé par les prestigieux prix Arsène Lupin et Historia, il a également publié, dans la série Au service secret de Marie-Antoinette, L'Enquête du Barry et Pas de répit pour la reine, disponibles aux Éditions de La Martinière.

  • Une comédie policière endiablée et drôle, au service de son intrépide Majesté !
    C'est la guerre des farines : le peuple a faim ! Louis XVI s'en moque et continue de s'affairer à ses passe-temps : la serrurerie et l'horlogerie. À Marie-Antoinette de remonter ses manches !
    Mettre la main sur un mystérieux trésor inca tomberait à pic pour acheter du pain à ses sujets. Mais gare à la malédiction qui frappe tous ceux qui s'approchent de l'or !
    La grande organisatrice !
    Marie-Antoinette s'ennuie dans son nouveau rôle de reine. Elle décide de s'occuper des affaires du royaume et s'entoure d'agents secrets... peu communs. Son coiffeur et sa modiste !
    Détective amateur n°1 !
    La modiste de la Reine, Rose Bertin, ne supporte plus ce gros lourdaud de Léonard. Par ailleurs, un séduisant fabricant de corsets lui fait de l'œil... Mais ne serait-il pas mêlé à leur enquête ?
    Détective amateur n°2 !
    Léonard, coiffeur officiel de la reine, profiterait bien tranquillement de ses privilèges. Mais ni Rose Bertin ni la mission confiée par sa Majesté (retrouver un trésor inca !) ne lui en laissent le temps !
    Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d'un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l'enquête.

  • Une comédie policière endiablée et drôle, au service de son intrépide Majesté !
    Les bijoux de la Comtesse du Barry ont disparu quatre ans plus tôt. Depuis, les cadavres s'amoncèlent. La reine Marie-Antoinette missionne un improbable duo d'enquêteurs, Rose et Léonard, qui ne cessent de se chamailler, pour œuvrer " en toute discrétion ", de Paris à Versailles !
    La grande organisatrice !
    Marie-Antoinette est reine depuis peu, mais s'ennuie déjà à périr ! Son mari, Louis XVI, est un benêt : elle décide de s'occuper elle-même des affaires du royaume...
    Détective amateur n°1 !
    La couturière Rose Bertin est aussi exigeante avec son dé à coudre qu'envers son entourage ! Un tantinet perfectionniste, elle ne supporte pas la désinvolture de Léonard.
    Détective amateur n°2 !
    Le coiffeur Léonard Autier manie mieux le peigne sur autrui que sur lui-même. Véritable noceur, il compte bien remplir sa mission, en dépit de l'agaçante partenaire qu'on lui impose...
    Frédéric Lenormand saupoudre depuis toujours ses intrigues historiques d'un humour savoureux. Auteur des Nouvelles Enquêtes du juge Ti, il a notamment reçu le prix Arsène Lupin et le prix Historia du roman policier historique pour sa série Voltaire mène l'enquête.

  • Wolfgang Amadeus Mozart était un génie.
    Mort ruiné, enterré sans grande pompe, il aurait pourtant pu sombrer dans l'oubli... Si Constanze Mozart ne l'avait pas adoré au point de sacrifier leurs propres enfants à la gloire de son défunt mari. Si elle ne lui avait pas survécu pendant cinquante-et-un ans, bataillant jour et nuit pour la postérité de son œuvre. Si elle n'avait pas gratté la terre à mains nues pour retrouver son squelette, ni rebaptisé son jeune fils " Wolfgang Mozart II " pour le produire dans toutes les cours d'Europe...
    Le deuil de Constanze révéla une femme d'affaires intransigeante, un caractère hors norme : une veuve redoutable. Voici le destin extraordinaire et romanesque d'une femme d'une grande modernité.
    /> Après la publication du très remarqué L'Embaumeur, lauréat de deux prix, Isabelle Duquesnoy revient avec un nouveau roman érudit et jubilatoire. Fascinée par la figure de Constanze Mozart, elle y a travaillé vingt ans.

  • "Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, pendant la désastreuse Guerre de sept ans, sous le règne de Louis XV.
    Deux soeurs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce récit. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. Le père, adepte de la Providence, s´adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s´enfonce dans la misère. Ce dont Apolline s´aperçoit à peine, tandis que sa soeur aînée, animée par l´ambition et l´esprit de liberté, n´a qu´une envie : s´enfuir. Les soeurs se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice dans un château. Elle en sort pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir, à travers un manuscrit, le récit de ses aventures.
    Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu, le superbe gouverneur d´Aquitaine. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais Richelieu l´offre à Louis XV, qui l´installe à Versailles dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Un brillant destin s´ouvre à elle...
    Comme Les Adieux à la Reine, ce roman est le fruit d´une alchimie entre érudition et fantaisie. On plonge dans une époque, ses couleurs, ses odeurs, ses rites, et dans un monde dominé par l´étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché."

  • Juillet 1652. Dans les derniers jours de la Fronde, le duc de Beaufort, petit-fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, tue en duel le duc de Nemours, son beau-frère. La mort du "beau Nemours" laisse ruinées Jeanne Baptiste et Marie-Françoise, ses deux filles. Élisabeth de Nemours, leur mère, va dès lors tout mettre en oeuvre pour les marier. Jeanne Baptiste épouse le duc de Savoie, Marie-Françoise le roi du Portugal. Mais le sort semble s'acharner sur les deux princesses. Le mari de la première se révèle être un pervers couvert de maîtresses ; quant au roi du Portugal, la rumeur le dit fou à lier. Il faudra aux deux jeunes femmes toute leur force de caractère, dont elles ne manquent pas, mais aussi les leçons qu'elles ont tirées chacune de leur fréquentation assidue de l'école des Précieuses, pour se tirer d'une situation en apparence inextricable. Mais à quel prix ? À travers le roman tumultueux de ces deux princesses devenues mantes religieuses, l'auteur des Bâtards d'Henri IV fait revivre le Grand Siècle alors à son apogée, les hautes faits de sa noblesse, mais aussi sa violence et son goût du sang. Jean-Paul Desprat est historien et romancier. Il est, entre autres, l'auteur d'ouvrages sur les bâtards d'Henri IV, Mme de Maintenon, Mirabeau, ainsi que de trois romans historiques publiés au Seuil entre 2006 et 2013 : Bleu de Sèvres, Jaune de Naples et Rouge de Paris.

  • Je suis le plus grand des « Grands Moghols ». Au xvie siècle, j'ai régné sur un empire s'étendant du Cachemire au Bengale, et jusqu'au sud de l'Inde. Fils d'une princesse chiite et d'un souverain sunnite, élevé par deux nourrices on ne peut plus bizarres, on m'a dit atteint du Haut Mal, sans doute épileptique, assurément mystique. Pas impuissant, non. Mais le sexe dans la tête. « Ombre de Dieu sur Terre », moi, le musulman, j'ai épousé des femmes de religion hindoue, et fait sortir de la jungle la ville rouge de Fatehpur-Sikri, ma capitale, que le monde entier nous envie. Ma vie durant, je me suis consacré aux croyances des humains, et j'ai, pour la première fois en Inde, fait en sorte que musulmans et hindous cohabitent en paix. De Dieu, ce ne sont pas les lois qui me fascinent le plus, mais surtout Sa lumière, car je L'ai vu, Dieu, comme je vous vois. Catherine Clément sait donner à son personnage le « tremblé » des extases sexuelles qui nous permettent de partager son insatiable quête métaphysique. Elle met en scène une cohorte de religieux de toutes origines, qui s'empoignent sous nos yeux : oulémas, ayatollahs, hindous de toutes castes, moines jaïns, rabbins et surtout trois jésuites dont les noms sont restés dans l'histoire. Elle restitue la chair des religions qui parfois nous guident et souvent nous aveuglent. Catherine Clément a publié une soixantaine d'ouvrages (romans, essais, poésies, Mémoires...) dont certains, comme Pour l'amour de l'Inde et Le Voyage de Théo, furent des best-sellers internationaux.

  • France, dix-septième siècle. La révocation de l'Édit de Nantes pousse certains à l'exil, tel François Leguat (1638-1735), huguenot forcé de quitter ses terres à l'âge de cinquante ans. Le destin de cet homme croise dès lors des contrées opposées et éloignées : Hollande, Mascareignes, île Maurice, Indes néerlandaises, Angleterre... Tour à tour gentilhomme des plaines de Bresse, aventurier de l'océan Indien et patriarche des bas-fonds de Londres, Leguat passera de l'Éden originel à la cité de l'Apocalypse. Nicolas Cavaillès s'empare littérairement de la vie de ce personnage hors-norme, y entremêlant quête spirituelle, découverte d'un monde inexploré et violence de l'être humain.

  • Au milieu du XVIIe siècle, dans un monde germanique déchiré par les guerres et les luttes religieuses, Johannes Scheffler, un jeune protestant lecteur des mystiques médiévaux et modernes, de maître Eckhart, de Jacob Boehme et de Jean de la Croix, publie un recueil de distiques et de quatrains, Le Pèlerin chérubinique, sous le nom d'Angelus Silesius. Une méditation assidue des textes et la fréquentation de contemporains d'une intense spiritualité le portent à sonder les mystères de la religion et de la philosophie, l'être, l'essence, la Déité, le néant, l'abandon. Son écriture, caractéristique de l'âge baroque, lui permet d'atteindre, grâce à la poésie, les limites des orthodoxies et même de la pensée.
    Ces poèmes, défi aux philosophes et aux poètes, ne cesseront d'inspirer des lecteurs assidus : de Leibniz à Schopenhauer, de Heidegger à Roger Munier, de Maurice Blanchot à Lacan et à Derrida, nombreux sont ceux qui liront Le Pèlerin chérubinique. À partir de cette lecture, ils se découvriront eux-mêmes, n'hésitant pas à trouver dans ces vers l'écho rétrospectif de leur modernité.
    À propos d'un vers célèbre de Gertrude Stein, " Rose is a rose is a rose is a rose ", et de " La rose sans pourquoi " de Heidegger, Blanchot se souvient du début du distique d'Angelus Silesius :
    " La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit,
    Elle ne fait pas attention à elle-même, ne demande pas si on la voit. "

  • Rochefort, le 23 décembre 1766. Déguisée en jeune homme, car il est interdit aux femmes de monter à bord dun navire royal, Jeanne Baret embarque sur LÉtoile, lun des deux vaisseaux de la flotte de M. de Bougainville.
    Lorsquelle a appris que son amant, Philibert Commerson, était invité à se joindre au voyage de Bougainville, elle na pas hésité longtemps. Et la voilà aujourdhui bien décidée à le suivre contre vents et marées jusquau bout du monde.
    Jeanne est une jeune paysanne qui a le don de guérir le mal par les plantes, Philibert un naturaliste renommé. Leur amour fou les a déjà obligés à quitter le Morvan et à senfuir ensemble à Paris. Pas question pour elle de le laisser maintenant partir seul à la découverte de territoires extraordinaires, de peuples, danimaux et de plantes inconnus !
    Que de stratagèmes il lui faudra déployer pour paraître ce quelle a décidé dêtre : le valet de M. Commerson ! Elle devra tenir son rang parmi les hommes déquipage, résister aux périls qui se multiplient sur les mers du Sud. Sa folle passion et son insatiable curiosité lui font accomplir des prodiges, et elle passe bientôt pour un homme plus fort que les autres. Mais combien de temps encore pourra-t-elle dissimuler sa féminité ?
    La Clandestine du voyage de Bougainville, cest lhistoire incroyable et vraie dune femme extraordinaire qui, par amour, décida de braver tous les interdits et de prendre tous les risques.

  • Au début de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la bataille de l'Encyclopédie fait rage : cette magnifique entreprise placée sous le signe des Lumières et de la liberté de penser voit se dresser contre elle la censure du pouvoir et la colère des dévots.
    C'est dans ce contexte tourmenté que Félicité, une jeune paysanne née sur le plateau de Langres, est envoyée à Paris pour devenir la copiste de Denis Diderot. Elle a appris à lire et à écrire, fait exceptionnel à l'époque pour une enfant de sa condition, et assistera le philosophe dans ses diverses tâches littéraires et sa correspondance.
    Malgré leur différence d'âge et d'érudition, une forte complicité se noue rapidement entre eux. Fascinée par le génie du grand homme, son inépuisable générosité et son goût des plaisirs, la jeune fille se passionne pour les combats de l'Encyclopédie tandis que Diderot ne reste pas longtemps insensible à la fraîcheur et au regard candide que cette petite paysanne porte sur une société parisienne alors en pleine effervescence.
    Dans les salons littéraires, elle va croiser nombre de figures de la « société des gens de lettres » : le baron d'Holbach, madame d'Épinay ou encore d'Alembert. On y parle de Montesquieu, de Rousseau, de Voltaire...
    Mais dans un siècle où souffle le vent des idées, les amitiés sont fragiles, et alors que Félicité progresse à grandes enjambées sur la route du savoir, l'irruption de l'abbé Ferdinando Galiani, un libertin napolitain, risque fort de troubler l'intimité de la petite copiste et de son maître.

  • Après son premier roman, Le Peintre disgracié, Grand Prix Jacques de Fouchier de l'Académie française en 2017, Dominique Cordellier signe avec Stefano le roman d'un graveur baroque, dans la lignée de Callot, fin bretteur de l'estampe et toujours curieux du théâtre des hommes.

    1620. Stefano apprend à ciseler l'or et l'argent, à peindre des tableaux convenus et à graver finement à l'eau-forte. Quand il voit à Florence l'éléphante que le prince Fakhr-al-Dīn a conduite dans sa suite, sa vie commence.

    Une cantatrice quelque peu courtisane, une ânière latine près de Rome, une Polonaise de haut rang en voyage, la servante d'un peintre à Amsterdam, une poétesse cartésienne à Paris, une sultane captive à Malte et d'autres encore donneront corps à cette vie. Elles en feront une fête de l'esprit aux multiples masques, riche d'amours légères, graves et immortelles, joyeuse, tournoyante, comme le sont en peinture les danses macabres quand la mort sauve la joie.

  • Philippe d'Orléans, le Régent, n'a guère connu l'indulgence de la postérité. Philippe Erlanger essaie de comprendre la vérité humaine d'un prince trahi par son destin. Il nous fait découvrir comment, voué de force à la débauche, Philippe d'Orléans se trouva de même contraint de suivre une politique qu'il n'avait pas choisie. Il avait "reçu de la nature tous les dons propres à faire un grand souverain et un grand homme. Son malheur fut de naître dans une condition telle qu'on trembla de le voir devenir l'un ou l'autre"

  • Un Fragonard peut en cacher en autre. Honoré, né à Grasse, se forme à l'anatomie auprès du dénommé Lemoignon, avant de monter à Paris pour enseigner auprès de Bougrelat, fondateur de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort, où il se voue à l'exploration des chairs, des peaux, des dépouilles et conçoit ses fameux écorchés. Attentif aux grandes expérimentations scientifiques caractérisant le basculement du XVIIIe au XIXe siècle, il est un personnage singulier, profondément émouvant, qui traverse une époque effervescente où le monde est défini sous l'éclairage de la raison, et non plus de la religion.
    Il croise des peintres (Jean-Honoré, son célèbre cousin, ainsi que David), des écrivains (Diderot), des figures ittoresques. Mais aussi l'amour : une jeune fille littéralement foudroyée lors de leur seule et ultime rencontre, et dont le deuil demeure impossible. Ce roman foisonnant et haut en couleur révèle la part d'ombre qui sous-tend les Lumières, muant ainsi le siècle classique en un siècle baroque. On retrouve ici tout l'humour, l'invention verbale, le délire, la puissance visionnaire de l'auteur d'Hémisphère Nord et de La Géométrie des sentiments, deux livres qui, avec Le Cousin de Fragonard, composent une trilogie sur les rapports de la science et de l'art.

  • Loin de Sils Maria, une histoire vraie, raconte la prodigieuse ascension de Johann Josty, petit gardien de chèvres qui finira par créer à Berlin, autour du célèbre café Josty, le premier empire de la pâtisserie.

    Loin de Sils Maria, une histoire vraie, raconte la prodigieuse ascension de Johann Josty, petit gardien de chèvres qui finira par créer à Berlin, autour du célèbre café Josty, le premier empire de la pâtisserie.

    Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle, dans la République des Grisons, pays aux cent lacs et trois cents glaciers, pays somptueux mais où règne une extrême pauvreté. Gian Josty, un gamin de onze ans, y travaille pour un fermier de Sils Maria. Un beau jour, craignant la dureté de son patron, il s'enfuit. Pieds nus, il court, il file, il grimpe, il dévale. Il affronte l'inconnu, la faim, le froid, la soif. Enfin, après avoir parcouru des centaines de kilomètres et s'être ingénié à traverser en fraude quantité de frontières, le jeune fuyard atteint Magdebourg, dans le royaume de Prusse.

    Là, auprès de son cousin Jacob, confiseur en vogue qui l'incite à s'appeler désormais Johann, il apprend l'art de filer le sucre, de fouetter la crème, de dorer la pâte. Dragées, sucres d'orge, pastilles, pralines, massepains, meringues, macarons n'ont bientôt plus de secret pour l'apprenti passionné. Ni dimanches ni loisirs pendant cinq ans. Il dort à peine, épargne chaque sou. Puis devient compagnon. Décide enfin d'aller s'établir à Berlin, la capitale de la Prusse, où il ouvre la confiserie
    Johann Josty & Co, qui fournira bientôt la Cour en gourmandises suprêmes. Tel Napoléon, l'idole de Johann, qui s'est lancé à la conquête de l'Europe, le confiseur avance à grands pas et fonde vers 1820 un véritable empire autour du café
    J.Josty & Co, alors le plus célèbre d'Europe.

    Mais c'est en 1806, à l'occasion d'un incroyable face-à-face avec Napoléon entré à Berlin, que Johann a rencontré Lina. Avec ses grands yeux turquoise, elle lui fait oublier Ladina, l'amour de sa jeunesse. Du moins le croit-il. De retour à Sils Maria, revigoré par ses retrouvailles avec les montagnes de son enfance, Johann, toujours aussi passionné, s'inventera un nouveau destin, participant à la magie de ce village où, depuis le milieu du xixe siècle, accourent les célébrités du monde entier.

  • Une jeune orpheline débarque à Londres pour mener une vie voluptueuse de self-made woman.
    POUR UN PUBLIC AVERTI. Fanny Hill raconte dans des lettres à son amie comment, en jeune orpheline livrée à elle-même, elle a dû vendre ses charmes et user de son intelligence pour s'en sortir. Ainsi, c'est avec franchise qu'elle évoque son parcours et les expériences vécues : de sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans le sou à Londres, son « initiation » dans une maison, puis de ce qui l'amena à faire commerce de son corps et enfin la rencontre avec l'amour de sa vie. Considéré comme le premier roman érotique moderne, il dépeint avec fidélité les moeurs libertines de l'Angleterre du XVIIIe siècle. La description de l'épanouissement érotique de l'héroïne est, sans nul doute, à l'origine du succès - clandestin - de ce roman que John Cleland a écrit derrière les barreaux, sur la proposition d'un libraire.
    C'est à cet ouvrage que John Cleland doit d'être aujourd'hui considéré par les lettrés anglais comme l'égal de Daniel Defoe.
    EXTRAIT
    Madame,
    Je vais vous donner une preuve indubitable de ma complaisance à satisfaire vos désirs et, quelque mortifiante que puisse être la tâche que vous m'imposez, je me ferai un devoir de détailler avec fidélité les périodes scandaleuses d'une vie débordée, dont je me suis enfin tirée heureusement, pour jouir de toute la félicité que peuvent procurer l'amour, la santé et une fortune honnête ; étant d'ailleurs encore assez jeune pour en goûter le prix et pour cultiver, un esprit qui naturellement n'était pas dépravé, qui, même parmi les dissipations où je me vis entraînée, ne laissa point de former des observations sur les moeurs et sur les caractères des hommes, observations peu communes aux personnes de l'état où j'ai vécu, lesquelles, ennemies de toute réflexion, les bannissent pour jamais afin d'éviter les remords qu'un retour sur elles-mêmes ferais naître dans leurs coeurs.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    John Cleland (1709-1789) est un écrivain britannique, issu d'une famille bourgeoise et militaire mais sans fortune. Par ailleurs, il devient orphelin très tôt. C'est lorsqu'il est en prison pour des dettes impayées qu'il écrit le roman érotique Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir, ouvrage qui fait scandale et qui mène à des poursuites judiciaires envers Cleland et son éditeur. Une version rectifiée parait en 1750 et, en échange d'une rente annuelle confortable, le président du tribunal obtient de l'auteur qu'il n'écrive plus de roman érotique ni libertin.
    À PROPOS DE LA COLLECTION
    Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
    Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces oeuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
    Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

  • A l'heure où notre système démocratique semble avoir perdu la maîtrise de lui-même et s'interroge sur le sens même du pouvoir, Richelieu, homme d'Eglise et d'Etat, nous instruit sur l'origine et la signification de l'aventure politique française.

  • " Le duc de Bourgogne, né en 1682, n'avait rien de son père, Monseigneur, si lourdement matériel, rien de Louis XIV, si froidement équilibré, rien de la maison de Savoie dont il était par son aïeule et sa grand-mère ; il n'eut la ruse ni l'esprit politique de cette maison. [...] C'était un être tout factice, nerveux et cérébral, affiné, affaibli par sa grande précocité morale et sexuelle. Il n'était pas né mal fait ; sa taille resta droite, tant qu'il fut dans les mains des femmes. Mais, pendant ses études, de bonne heure elle tourna, et il devint un peu bossu. On l'attribua à l'assiduité avec laquelle il tenait la plume et le crayon. On essaya de tous les moyens connus alors, des plus durs même (la croix de fer). Mais rien n'y fit. Il en était fort triste, ayant besoin de plaire. Rien peut-être ne contribua plus à le contenir et à le jeter dans la grande dévotion. Il aima, mais uniquement dans le cercle du devoir, et n'eut d'Eucharis que la sienne, la duchesse de Bourgogne. " Histoire de France est le chef-d'oeuvre de Jules Michelet (1798-1874).
    Édition présentée par Paul Viallaneix, qui a notamment édité le Journal et les OEuvres complètes de Michelet, et Paule Petitier, professeur à l'université de Paris Diderot-Paris 7, auteur de Jules Michelet, l'homme histoire (Grasset).

  • " Louis XIV enterre un monde. Comme son palais de Versailles, il regarde le couchant. Après un court moment d'espoir (1661-1666), les cinquante ans qui suivent ont l'effet général du grand parc tristement doré en octobre et novembre, à la tombée des feuilles. Les vrais génies d'alors, même en naissant, ne sont pas jeunes, et, quoi qu'ils fassent, ils souffrent de l'impuissance générale. La tristesse est partout, dans les monuments, dans les caractères ; âpre dans Pascal, dans Colbert, suave en Madame Henriette, en La Fontaine, Racine et Fénelon. [...] Cet attribut divin (commun au XVIe siècle), à pas un n'est resté

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