• Que la femme fasse l'objet de recherches en sciences humaines comme de préoccupations politiques et sociales est une chose relativement récente ; c'en est une autre, et bien plus ancienne, de mettre la dimension maternelle au coeur de ces questions.
    C'est cet aspect encore peu exploré sur le plan sociologique que cet ouvrage éclaire, en s'attachant à dégager les grandes phases qui structurent l'évolution du statut et de la fonction de la mère ainsi que de l'image de la maternité, dans la société, dans la famille, mais aussi dans la conscience de chaque femme.

  • Il devient urgent de repenser la place de la maternité dans la vie des femmes et dans le fonctionnement de la société.

    Aujourd'hui, les femmes disposent de tous les droits civils et politiques, elles peuvent exercer les mêmes activités que les hommes. Pour autant, elles ne renoncent pas à avoir des enfants, même si elles ont désormais le choix : la plupart veulent être à la fois mères et « actives ». Cette revendication s'inscrit dans un nouveau système de représentations : chacune veut s'épanouir dans sa vie publique comme dans sa vie privée. Or la maternité pèse sur les femmes bien plus que la paternité ne pèse sur les hommes, dans la vie quotidienne, et aussi dans les mentalités. S'ouvre un combat féministe d'un nouvel âge où l'amour maternel peut faire bouger les lignes.

  • Pourquoi les femmes choisissent-t-elles encore de devenir mère ? Faut-il refonder la maternité et la parentalité ? Sur quelles bases ? Pourquoi ce livre ? Déclarons-le d'emblée : son objectif est ambitieux. Les auteures, mères, grands-mères, femmes de plusieurs générations, professionnelles amenées à côtoyer des mères... invitent à repenser ce qu'on appelle la maternité. Le discours traditionnel, pétri de moralisme et de glorification, n'a plus guère d'audience, m ême s'il ressuscite chaque année, rengaine obligée, à l'occasion de la f ête des mères. Les femmes doivent aujourd'hui en inventer un autre qui tienne compte de l'émancipation féminine et de la condition maternelle.

  • Une histoire inédite des congés parentaux, point de départ d'une réflexion sur les transformations de la famille, du couple, du partage des tâches. Et s'il était temps de donner aux congés parentaux un rôle central dans la vie des parents pour changer la société ?

  • Durant le dernier demi-siècle, une importante révolution scientifique et technique a profondément transformé le vécu et les représentations de l'accouchement. Parallèlement, l'exercice de la profession de sage-femme est passé de la plus large autonomie à la dépendance envers la médecine et l'hôpital. Yvonne Knibiehler interroge le statut de ce métier « féminin » par excellence, confronté au pouvoir médical et à la domination masculine. Cette 2e édition mise à jour est augmentée d'une préface et d'une étude sociologique inédite de Florence Douguet et Alain Vilbrod sur les mutations en cours au sein de la profession.

  • En notre temps de sexualité triomphante, la virginité féminine semble avoir, en Occident, perdu toute signification et toute valeur. Pourtant, en milieu musulman, l'hyménoplastie progresse. Pourtant, les vierges consacrées « laïques » se multiplient discrètement parmi les chrétiens. Pourtant, le mouvement NO SEX prospère aux États-Unis. Survivances ou permanences ? Pour les féministes, la virginité est une invention masculine, un fantasme masculin. Mais pourquoi les hommes ont-ils éprouvé le besoin de fantasmer sur un tel sujet depuis l'Antiquité ? Et pourquoi y renonceraient-ils de nos jours ? Et puis, comment oublier que, côté femmes, bon nombre de filles ont pendant les siècles chrétiens préservé leur virginité comme une forme de liberté, une source de pouvoir, exprimant grâce à elle leur part d'initiative et d'autonomie, leur « virilité » ? Pour tenter de comprendre ces contradictions, le nouveau livre d'Yvonne Knibiehler interroge Pallas Athéna et la Vierge Marie, les houris d'Allah, Jeanne d'Arc et Thérèse d'Avila, les anatomistes, les théologiens, les anthropologues, sans oublier les filles d'aujourd'hui. Soeur aînée de la chasteté, la virginité symbolise une part de l'humain qui résiste à l'emprise de la sexualité. Cette résistance, les Grecs la confiaient déjà à des déesses, non à des dieux. La même question demeure, aujourd'hui encore : pourquoi ? Historienne et féministe engagée, Yvonne Knibiehler est spécialiste de l'histoire des femmes. Auteur de plus d'une quinzaine d'ouvrages, elle a notamment publié La Sexualité et l'Histoire (2002). 

  • « Qui gardera les enfants ? Cette question s'adresse à toute la société. Aujourd'hui, l'écrasante majorité des mères qui travaillent ont beaucoup de peine à concilier leurs tâches professionnelles avec leurs responsabilités maternelles. La plupart n'osent pas se plaindre. Elles ont peur qu'on les oblige à choisir : "Si vous n'y arrivez pas, rentrez chez vous !" Leur silence arrange bien les pouvoirs en place. Je suis de celles qui ont refusé de "choisir". Mon refus inspire tout ce livre. Il relie mon expérience personnelle à l"histoire collective de plusieurs générations. » Spécialiste de l"histoire des femmes, Yvonne Knibiehler s"est toujours engagée de manière subtile et particulière dans toutes les grandes causes du xxe siècle : le travail des femmes, les différences entre les sexes, la maternité, le féminisme, l"éducation, la citoyenneté, la décolonisation... Souvent à contre-courant de la pensée dominante, elle a montré en plein combat féministe que la maternité demeurait un enjeu central de l"identité féminine. Aujourd"hui, alors que de plus en plus de femmes sont incitées à rentrer dans leur foyer, elle dénonce la fatigue des mères.

  • A partir de sources multiples, d'enquêtes rigoureuses, les auteurs, historiennes, évoquent à la fois les colonisatrices et les colonisées. Avec 32 pages d'illustrations hors texte.

  • L'accès des femmes aux droits politiques, en 1945, n'a pas suffi à faire d'elles des citoyennes à part entière. C'est que la maternité introduit une différence considérable entre la citoyenneté masculine et la citoyenneté féminine. Dans cette étude sociale, économique, et surtout culturelle, de la maternité depuis 1945, Yvonne Knibiehler réfléchit sur une triple révolution : Pourquoi ces femmes qui ont reçu l'intégralité des droits civiques ont-elles, en même temps, voulu le baby-boom ? Pourquoi, après 1968, leurs filles ont-elles dénoncé la maternité comme un asservissement et le patriarcat comme une exploitation ? Pourquoi leurs petites-filles réclament-elles, à présent, un enfant à tout prix ? Ces mutations, si profondes et si rapides, ont-elles transformé les relations entre citoyenneté et maternité ? Dans quelle mesure ? Désormais, toute mère noue, hors du foyer, des liens sociaux autonomes, non seulement pour gagner elle aussi le pain quotidien mais, plus encore, pour collaborer avec les spécialistes, de plus en plus nombreux, qui aident l'enfant à grandir : médecins, enseignants, psychologues. Ses partenaires ont changé. Sa responsabilité personnelle augmente, se diversifie, prend une dimension politique. Il y a là un moteur puissant de la citoyenneté féminine, à condition de ne pas enfermer les femmes dans une inacceptable spécificité, à condition d'inventer un nouveau féminisme, c'est-à-dire un nouvel humanisme.

  • Après quelques années euphoriques de " libération sexuelle ", le sexe, de nouveau, fait peur. À cause des maladies qu'il transmet mais aussi des formes de violence qu'il inspire - tournantes, pédophilie, pornographie. Quels sont, dans un tel contexte, les nouveaux principes qui peuvent encadrer les conduites sexuelles ? En quoi l'histoire passée peut-elle permettre aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui de mieux vivre ensemble ? Et comment aider les jeunes générations, garçons et filles, à aborder la sexualité dans le respect des différences ? Une lecture indispensable pour que les hommes et les femmes sachent de quoi ils parlent quand il est question de sexualité. Historienne et féministe, Yvonne Knibiehler est spécialiste de l'histoire des femmes.

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