• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au début du vingtième siècle, la famille Arnal exerce un véritable magistère moral sur un village cévenol, par son savoir, ses compétences, sa droiture. Ainsi, chaque dimanche, à la mairie, le chef du clan, Conseiller Arnal, " bataillait, décidait, arrangeait la vie des autres "... Cette réputation aussi puissante qu'une légende impose aux Arnal de vivre sans tâche. Ce dont ils s'acquittent admirablement, jusqu'au jour où Clémence, la jeune sourde-muette du clan, met au monde un enfant, fruit d'une union avec son frère Maurice. Conseiller chasse Maurice, puis enterre le nouveau-né laissé sans soin. Lié par le secret et la honte, le clan Arnal fait front puis se lézarde. Royalement réélu à la mairie mais brisé par le remords, Conseiller avoue son crime. Emmené par les gendarmes, il se trouvera encore une vieille femme pour lui mendier un conseil sur le chemin de la prison...
    Admirable chronique de la vie de gens " durs d'être justes ", Le Crime des justes (1928) impressionne par son austérité et sa sobriété toutes cévenoles.

  • De retour des guerres de l'Empire, un demi-solde voyage seul à travers les Cévennes. Le meurtre, l'amitié, l'amour sont sur sa route. Dans l'Auberge de l'abîme, dont jamais personne n'est ressorti vivant, lui seront révélées quelques-unes des sensations qui font le bonheur.

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  • Ces trois récits sont trois pierres noires au bord de la route que j'ai suivie. Composés à quelques années d'intervalle, ils peuvent apparaître aussi, au milieu des autres livres que j'ai écrits, comme la triple émergence d'un même courant souterrain. C'est pour cela que j'ai cru pouvoir les grouper, en forme de « suite », de la même façon que je l'avais déjà fait, dans la Suite cévenole, avec les romans consacrés au pays de mon enfance. C'est ce que je pourrais faire aussi légitimement en composant, avec d'autres de mes livres, une Suite guerrière, une Suite voyageuse, comme je propose aujourd'hui cette Suite pathétique. Pathétique ? C'est bien le mot qui m'a semblé définir le mieux la tonalité de cet ouvrage. Est pathétique « ce qui est relatif à la passion, ce qui émeut vivement, excite une émotion intense, souvent pénible (douleur, pitié, horreur, terreur, tristesse), ce qui est émouvant et touchant ». C'est cette tonalité qui unit entre eux les trois romans que l'on trouvera dans ce volume. Chaque fois, sans le vouloir, sans même m'en rendre compte sur le moment, j'ai retrouvé le même thème fondamental, le même pathétique du pathétique, celui d'une vie qui se désagrège, prise aux pièges de ses fatalités intérieures, livrée sans recours aux démons de sa propre nuit.

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  • « Disparu en 1983, André Chamson, né avec le siècle, est sans doute l'un des écrivains qui a écrit quelques-unes des pages les plus inspirées sur les Cévennes. Des premiers textes : Roux le bandit (1925), Les hommes de la route (1927), aux textes de l'âge mûr : La superbe (1967), La Tour de Constance (1970)..., André Chamson n'a eu de cesse de célébrer la Cévenne, sa beauté, ses valeurs, ses vertus d'austérité et de résistance. Issu de cette terre où plongeaient ses racines les plus profondes, André Chamson a su allier - à l'érudition du chartiste - la sensibilité du romancier, créant ainsi une oeuvre où l'Histoire et l'inspiration s'équilibrent, pour témoigner de la grandeur et de la noblesse d'un pays rude et sans détours. Dans ce livre, Cévennes, paru une première fois en 1957, aux éditions de La Baconnière, en Suisse, André Chamson évoque, amoureusement, le pays de ses ancêtres. Et, que ce soit sur les traces de Stevenson ou sur celles des Camisards, que ce soit en confessant ses propres errances autour du monde qui, trop souvent, l'éloignèrent des Cévennes, André Chamson rappelle que, pour être allé vivre ailleurs, il leur est resté fidèle. On retrouvera dans ces pages, que le dessin de Gea Augsbourg illustre avec tant de bonheur complice, la poésie et la sincérité d'un homme qui fit corps avec sa terre, dans laquelle il voyait l'ultime socle d'éternité « s'élevant sur le vide, au matin du dernier jour », au point de la choisir, pour son dernier sommeil, face à l'Aigoual, jusqu'à la fin des temps. » Max Chaleil, éditeur.

  • « Disparu en 1983, André Chamson, né avec le siècle, est sans doute l'un des écrivains qui a écrit quelques-unes des pages les plus inspirées sur les Cévennes. Des premiers textes : Roux le bandit (1925), Les hommes de la route (1927), aux textes de l'âge mûr : La superbe (1967), La Tour de Constance (1970)..., André Chamson n'a eu de cesse de célébrer la Cévenne, sa beauté, ses valeurs, ses vertus d'austérité et de résistance. Issu de cette terre où plongeaient ses racines les plus profondes, André Chamson a su allier - à l'érudition du chartiste - la sensibilité du romancier, créant ainsi une oeuvre où l'Histoire et l'inspiration s'équilibrent, pour témoigner de la grandeur et de la noblesse d'un pays rude et sans détours. Dans ce livre, Cévennes, paru une première fois en 1957, aux éditions de La Baconnière, en Suisse, André Chamson évoque, amoureusement, le pays de ses ancêtres. Et, que ce soit sur les traces de Stevenson ou sur celles des Camisards, que ce soit en confessant ses propres errances autour du monde qui, trop souvent, l'éloignèrent des Cévennes, André Chamson rappelle que, pour être allé vivre ailleurs, il leur est resté fidèle. On retrouvera dans ces pages, que le dessin de Gea Augsbourg illustre avec tant de bonheur complice, la poésie et la sincérité d'un homme qui fit corps avec sa terre, dans laquelle il voyait l'ultime socle d'éternité « s'élevant sur le vide, au matin du dernier jour », au point de la choisir, pour son dernier sommeil, face à l'Aigoual, jusqu'à la fin des temps. » Max Chaleil, éditeur.

  • Une extravagante nouvelle vient de s'ajouter aux nouvelles extravagantes qui, chaque jour, submergent notre univers. Toutes les antennes de radio, toutes les chaînes de télévision ont brutalement annoncé que la France n'existe pas et qu'il faut la remplacer désormais, sur la carte du monde, par une nation inconnue, un pays barbare et primitif - sous-développé, pour tout dire - et qui s'appelle la Gaule. Le chef couvert d'un casque de bronze surmonté de deux grandes ailes déployées, vêtu d'un sarrau blanc plissé à la taille par une ceinture de cuir, de braies serrées aux chevilles et chaussé de socques de bois, l'ambassadeur de la Gaule vient d'arriver à New York et demande à prendre place aux Nations Unies. Une conjuration se forme aussitôt et des gallophiles improvisés, représentant les grands blocs qui se partagent le monde, luttent de vitesse et de ruse pour faire tomber le nouveau pays dans leur zone d'influence. L'ambassadeur aux longues moustaches tombantes est entraîné dans une odyssée saugrenue, une suite d'ahurissantes aventures qui font de la Gaule un des arbitres de la politique internationale. Cette lutte s'envenime et risque de déchaîner un nouveau conflit planétaire. Petit à petit, cependant, les Sages et les Peuples - qui le sont aussi quelquefois - prennent conscience de la signification profonde de ce phénomène. Ils comprennent que tout pays porte en lui sa Gaule intérieure et que deux mille ans d'Histoire risquent de se trouver balayés par ce mouvement régressif dont la France a été la première victime... Les Italiens vont-ils redevenir Etrusques, les Anglais Pictes et les Péruviens Incas ? Une grande peur s'empare du coeur des hommes... Mais l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Gaule va tirer la morale de cette aventure et renverser d'un coup cette « loi de régression ». Ce n'est pas par leur retard, affirme-t-il, que les peuples sont précieux à l'humanité, mais par ce qu'ils portent en eux de civilisation et de culture. Si la Gaule mérite d'être aimée et soutenue, c'est en raison de ce qu'elle accomplira dans les deux mille ans qui vont suivre... Prophète visionnaire, familier de l'avenir, le Gaulois explique aux Nations ce que seront ces deux millénaires ! Est-ce un conte philosophique, un pamphlet ou une farce ? C'est au lecteur de choisir mais ce petit livre est, à coup sûr, une étourdissante satire, une démonstration par l'absurde qui peut nous venger de certains maléfices de notre époque. C'est aussi une défense des valeurs les plus précieuses et les plus menacées, un récit tendre et lucide, féroce et généreux, un recours poétique aux puissances de l'avenir.

  • Je veux raconter une histoire, aussi simplement, aussi clairement que possible, une histoire comme on n'en raconte plus guère aujourd'hui, et pas n'importe quelle histoire, mais celle de Jean-Louis Solier, dit "Sans Peur". Ce "Sans Peur" a été, pendant la Révolution et le Directoire, jusqu'aux premiers jours du Consulat, une sorte de Chouan au pays des Camisards, situation étrange, comme l'aurait été celle d'un Bleu luttant presque seul, avec quelques dizaines de compagnons, contre toute la Vendée. Je voudrais raconter ses aventures comme si je les connaissais pour avoir couru à ses trousses avec une compagnie de la 113e demi-brigade, un peloton de hussards, ou une section des grenadiers de Marseille. L'histoire souffle des quatre points cardinaux, comme souffle le vent. Mais elle va où elle veut. A-t-elle un sens ? C'est un grand débat, et je ne voudrais pas me hasarder à répondre à cette question. Ce dont je suis sûr, c'est qu'à certains moments, elle coule de façon irrésistible, et que nul ne peut alors s'opposer à son cours. C'est ce qui s'est passé pendant la Révolution française. C'est ce qui peut se passer demain... et malheur à celui qui n'est pas en accord avec son temps.

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  • Il doit y avoir des gens qui ne peuvent pas supporter les désordres de l'Histoire. Ils en meurent lentement, comme on peut mourir d'un cancer. Nous avons tous connu, au cours de notre existence, un aîné ou un compagnon de jeunesse dont les événements ont défiguré la vie. Ce fut le cas de Jean-Manuel. Il semblait promis au plus grand destin, avant 1914, alors qu'il était encore un jeune homme. Celui qui raconte cette histoire est initié par lui aux passions de la connaissance, à l'amour des choses de l'esprit. Cette amitié est interrompue par la guerre. L'enfant continue ses études. L'aîné passe quatre années au front. La paix revenue, l'adolescent ne retrouve plus cet ami bienveillant qui lui servait de modèle, mais un personnage inconnu dont le ressort intérieur semble avoir été cassé. Jean-Manuel renonce à la brillante carrière qui allait s'ouvrir devant lui. Il ne sera rien de ce qu'il aurait pu être : ni écrivain, ni professeur d'université, ni député, ni ministre. A travers toute une série d'extravagances, à la fois burlesques et funèbres, halluciné par l'alcool qui devient pour lui le balai de la sorcière, ce mutilé du destin se fera le juge du monde, dans sa chaire magistrale qui n'est qu'un guéridon de café. Tour à tour ironique ou véhément, sarcastique ou fou furieux, fouetté par le rouge ou par la blanche, il composera comme une encyclopédie des laideurs et des misères de notre époque. Proie offerte à tous les vices, il roulera dans tous les ruisseaux jusqu'au moment où, à bout de souffle, il sera frôlé par la mort, mais ressortira de la clinique désintoxiqué et guéri de ses délires. Il connaîtra alors quelques mois de rémission, un intermède champêtre, jusqu'au jour de la déclaration de guerre, en septembre 1939. Ce jour-là, il sera définitivement vaincu par l'Histoire et retournera à ses vices, à son abjection et à sa folie. La solitude de la province rendra son désespoir plus profond. Mais sa chute se transformera en ascèse et, comme il le dira lui-même, aux temps des lâchetés, des compromissions et des violences, il sera « ailleurs, ailleurs... autre part, si vous préférez ».

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  • Toute la vie littéraire de l'entre-deux-guerres est retracée ici. Chamson nous parle du "vorticisme", des samedis de Daniel Halévy, des décades de Pontigny, de la librairie d'Adrienne Monnier. On voit paraître tous les grands écrivains dont il fut l'ami. De la littérature, on passe au grand journalisme avec la fondation de l'hebdomadaire Vendredi. Et puis c'est la guerre, pendant laquelle Chamson ne publie rien, mais sa vie est plus remplie que jamais. Les grands moments de son action sont la fondation de la brigade Alsace-Lorraine avec Malraux et l'entrée en Allemagne avec de Lattre. Le retour à la vie civile transforme Chamson en personnage officiel, non seulement haut commis de l'Etat, mais membre de l'Académie française et président du PEN Club. Le livre s'achève sur quelques pages testamentaires dont le ton nous va droit au coeur.

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  • En 1939, devant les menaces de guerre, les musées de France fermaient leurs portes. Comme la Belle au Bois dormant, le monde des images, en sommeil, cessait d'appartenir à la vie vivante. Placées dans des caisses ou recouvertes de bâches, les oeuvres d'art étaient dispersées dans des châteaux perdus, loin des villes. Bien vite, ces châteaux se trouvèrent sur la route de la guerre. La plupart d'entre eux furent abandonnés pour de nouveaux refuges, souvent abandonnés à leur tour. Et l'histoire de ce sauvetage est le récit d'une interminable randonnée à travers la France, de château en château, énorme partie de cache-cache dont l'enjeu était immense. J'ai eu la chance de faire partie de l'équipe qui accompagna les chefs-d'oeuvre en exil tout au long de la guerre et j'ai voulu écrire la chronique de cette aventure avant que mes souvenirs soient tout à fait effacés. On verra comment notre trésor put être ramené intact à Paris. A l'ombre des chefs-d'oeuvre, sur le plan quotidien et familial, nous menions une vie de château farfelue, plus sordide que magnifique, romantique à souhait, faite d'angoisses, de soucis démesurés, de petites privations et de petits bonheurs, vie exaltante aussi à cause de notre bienheureuse responsabilité. Cette histoire finit bien. Elle s'acheva pour nous en 1946 avec l'exposition de la Peinture française, au musée du Petit-Palais dont mon mari, André Chamson, était devenu le Conservateur.

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