Littérature générale

  • Des ivrognes. Des brutes. Des assassins. Ils se saoulent dans des bars de l´Est Hollywood, ils tabassent des policiers, il leur arrive même de violer des cadavres, dans une expédition bouffonne. Tels sont les (anti) héros des récits composant ces Nouveaux contes de la folie ordinaire. Où le légendaire « Buck » s´en prend une nouvelle fois à l´intolérance de l´Amérique de la réussite et de l´argent. Bienvenue parmi les marginaux magnifiés, princes et seigneurs de la misère.

  • « Je préfère les chiens aux êtres humains, les chats aux chiens, et moi plus que tous les précédents quand je suis saoul, en sous-vêtements, et debout devant ma fenêtre ».
    Charles BukowskiEn 1969, Charles Bukowski, écrivain underground inconnu du grand public, fut projeté sur la scène internationale avec la parution du Journal d´un Vieux dégueulasse. Cette première édition n´avait repris qu´une quarantaine des chroniques qu´il avait écrites durant vingt ans ; certaines allaient ensuite nourrir Contes et Nouveaux contes de la folie ordinaire (1972), Au sud de nulle part (1973), Je t´aime Albert (1983), entre autres.Le Retour du Vieux dégueulasse réunit en un volume celles qui seraient injustement tombées dans l´oubli. Cet ensemble constitue une espèce de gigantesque « roman à clef » grâce auquel Charles Bukowski a pu laisser vagabonder son imagination. Transgressant tous les tabous, il nous livre ses explorations de toutes les formes de sexualité, toutes les « perversions », toutes les « déviances ». Son humour permet à ses personnages, l´air de rien, « de laisser voir leur véritable nature »

  • Ce recueil de chroniques et de nouvelles inédites met en évidence la richesse et la variété de l´oeuvre de Bukowski. Ses deux premières histoires témoignent de la double orientation stylistique qui marquera toute sa carrière de prosateur - « Contrecoup d´une lettre de refus plus longue qu´à l´ordinaire » (1944) trace le portrait imaginaire d´un jeune artiste épris d´idéal, un rebelle doublé d´un amuseur tandis que dans « 20 chars de plus, et Kasseldown tombait » (1946), il change de ton et donne dans la noirceur absolue. Bukowski confronte son personnage de prisonnier à une désespérante solitude spirituelle, comme s´il écrivait lui aussi du fond du souterrain, piégé dans une cellule trop petite pour un homme de sa carrure, mais qui s´en sort grâce à son sens de l´humour et à son goût de l´autodérision.
    Dans sa dernière méditation sur l´écriture, « Les Bases », 1991, Bukowski apure les comptes et tire la leçon : « Plus mes phrases se rapprocheraient de la concision et du naturel, moins j´aurais de chances de me tromper et de tricher... Les mots étaient des balles, des rayons de soleil, ils n´avaient d´autre but que de contrarier le destin et mettre un terme à la damnation. »

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