• Que devient une mère quand son tout petit s'en va ? Dans un roman où affleure à chaque page la sensibilité, où la grâce naît de l'auscultation intime, toujours sincère et parfois crue des situations, Sandrine Roudeix interroge la séparation mère-fils de la naissance à l'âge adulte et la manière dont une jeune fille devient femme en devenant mère.

    Que devient une mère quand son tout-petit s'en va ? En s'appuyant sur des photos de famille qu'on ne voit pas, Sandrine Roudeix traverse vingt ans de fusion et de défusion maternelles, démêlant les fils qui tressent la séparation inévitable d'une mère célibataire et de son garçon. Dans un roman où affleurent à chaque page l'amour et la tendresse, où la grâce naît de la vérité et de la mise à nu toujours sincère et parfois crue des situations, elle interroge la manière dont une jeune fille devient femme en devenant mère et dresse le portrait lumineux d'une double émancipation.

  • Attendre

    Sandrine Roudeix

    « Il est dix-huit heures. Je suis joueuse. J'ai le coeur qui cogne. Un bruit sec, rapide et répété comme un marteau sur une planche de bois. Les yeux humides, le chouchou de ma queue de cheval qui se défait, le dos droit. Je suis joueuse, curieuse mais anxieuse.
    Il est dix-huit heures et neuf minutes. Je t'attends. On est le lundi 1er mai. Hier, c'était mon anniversaire. J'ai fêté mes seize ans. Sans toi. Hier, j'ai décidé de te retrouver. »

    Sandrine Roudeix a choisi d'écrire un roman à trois voix pour dire trois attentes à trois époques différentes autour d'un même événement : la naissance de Lola. Elle met en scène ces instants particuliers, solitaires et silencieux, ces cheminements fragiles, à la croisée les uns des autres, ce temps suspendu avant l'épreuve de vérité.

  • Les petites mères

    Sandrine Roudeix

    Concepción, Fernande et Babeth. Trois femmes d'une même famille, trois femmes abandonnées par l'homme qu'elles aimaient, trois femmes qui ont élevé seules leur fille. Ce sont elles, les petites mères, comme les surnomme Rose. Rose qui, justement, vient dîner ce soir pour leur présenter son fiancé. Rose, la fille de Babeth, qui est partie vivre si loin, depuis si longtemps. Son retour réveille le passé, et avec lui la peur, les malentendus. Le repas approche et chacune des petites mères revisite son histoire en espérant que Rose se marie et échappe à la fatalité familiale. Mais Rose, elle, qu'espère-t-elle ? Comment se construire en tant que femme quand on a grandi dans un univers matriarcal où la dureté et l'incompréhension remplaçaient trop souvent la tendresse et la solidarité ? Dans ce portrait de famille, Sandrine Roudeix raconte les vies de ces femmes sans hommes et explore avec beaucoup de subtilité la complexité du lien maternel - et la nécessité de s'en défaire pour être libre, enfin.

    Bandeau de couverture : Sandrine Roudeix © Flammarion

  • Faire une photo m'a toujours arrachée à mes angoisses en me confrontant à quelque chose qui me dépasse. Je me demande même si l'expérience de ce dépassement ne compte pas plus que l'image à mes yeux. Je ne suis jamais la même lorsque je range mon appareil, mon flash et mes objectifs avant de prendre congé.
    L'impression que quelque chose d'irréversible a été accompli.

    New York, 1971, une nuit d'été. La chaleur est étouffante. Dans sa salle de bains, une photographe s'apprête à réaliser un autoportrait. Il lui faut trouver le cadre idéal, caler son Leica, choisir focale et vitesse d'obturation, préparer le déclencheur souple... Cette photographe, c'est la grande Diane Arbus qui, en s'intéressant aux inconnus dans la rue et aux personnages hors normes - travestis, prostituées, nains, handicapés -, a révolutionné la photographie.
    Cette nuit-là, Diane semble à bout de forces. Comme si elle reculait l'échéance, elle tarde à accomplir son projet. Bientôt il fera jour. Mais auparavant, elle se sera confiée à ce miroir dans lequel elle scrute son visage au bord de l'épuisement, revenant sur son enfance, son parcours, ses rencontres, ses amours, sa sexualité et sa peur, viscérale, de l'abandon...

    Avec une sensibilité à fleur de peau et une manière très intime de parler de la photographie, Sandrine Roudeix se glisse au plus près de Diane Arbus. Dans cette salle de bains qui ressemble à un dernier refuge, lentement, patiemment, elle l'accompagne au bout de sa nuit et livre d'elle un portrait inédit.

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